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Le club unique..les miracles de Vencel, la victoire contre le FC Nantes de 1995, contre l'Inter de Ronaldo...les fous rires aussi, avec les joueurs improbables, Chilavert, Rott ("le Hitchcok du Foot", ©Schlapsheim), Gohel..Unique j'vous dis ! Gagnera un jour la LDC contre Lyon et Chelsea (tout en luttant pour le maintien). ALLEZ RACING !
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Mardi 09 février 2010
- les arabesques rhétoriques de Furlan ;
- le "débat" sur l'identité nationale, globalement tenu pour "nauséabond", dans la mesure où il possible de débattre entre diplômés ès-show business aux muqueuses nasales irritées (exemple parmi mille, l'appel de Pierre Arditi, Josiane Balasko et Jane Birkin) ;
- la dernière boulette de BHL, qui a cité dans son dernier bouquin l'œuvre d'un philosophe, Botul, qui est en fait un canular du journaliste Frédéric Pagès. Plus drôle, peu de gens s'en sont aperçu, soit pour avoir négligé de lire le livre de BHL soit pour être incapable de repérer cette référence "trop belle pour être vraie". Perry Anderson, qui parlait de Lévy dans l'extrait ci-dessous, fait partie de l'arsenal habituel du Monde Diplo ; sans surprise, son nom a resservi dans l'article du Diplo qui a salué la sortie du bouquin douteux de BHL. Par contre, dans le Diplo, pas de commentaire narquois sur Botul. Il est stupéfiant que mêmes des critiques aussi acharnés et prestigieux n'aient pas eux-mêmes levé le lièvre ; est-ce qu'eux non plus ne prennent pas/plus la peine de lire leur cher ennemi ? Mieux encore, il n'y a eu aucune réaction durant ses conférences botuliennes à Normal Sup.
Le rayonnement du pays était aussi culturel. La création de la Vème République coïncida avec un épanouissement d'énergies intellectuelles qui mit la France à part pendant quarante ans. Rétrospectivement, le nombre des œuvres et des idées qui ont connu un retentissement mondial est saisissant. On pourrait soutenir qu'on avait rien vu de tel depuis un siècle. Traditionnellement, la littérature a toujours occupé le sommet du Parnasse culturel français. Juste en dessous se trouve, dans son nimbe, la philosophie, les deux voisinant depuis l'époque de Voltaire et Rousseau jusqu'à celle de Proust et Bergson. A l'échelon suivant, se tiennent les "sciences humaines", l'histoire en tête, la géographie et l'ethnologie la serrant de près, l'économie d'un peu plus loin.
Sous la Vème République, cette hiérarchie traditionnelle subit de notables changements. Sartre refusa le prix Nobel de littérature en 1964 ; après lui, aucun autre écrivain français n'atteignit jamais le même degré d'influence dans son pays ou à l'étranger. Le Nouveau Roman resta un épiphénomène plus circonscrit, loin de faire l'unanimité en France et encore moins à l'étranger. Les lettres, au sens classique du terme, perdirent leur suprématie dans la culture en général. A leur place, on célébra, devant l'autel de la littérature, un mariage exotique entre pensée sociale et philosophie. Ce sont les fruits de cette union qui donnèrent à la décennie durant laquelle De Gaulle fut au pouvoir son intensité et son éclat particuliers. Ce fut pendant ces années-là que Lévi-Strauss devint le plus célère anthropologue du monde ; que Braudel fut consacré comme l'historien le plus influent ; que Barthès acquit le statut de critique littéraire le plus original ; que Lacan commença à établir sa réputation de mage de la psychanalyse ; que Derrida devint le philosophe antinomique de son temps ; que Bourdieu développa les concepts qui allaient faire de lui le sociologue le plus connu. Ce concentré d'idées est étonnant.
[...]
Il ne semble du coup pas tellement surprenant que, l'année suivante [en 1968], une fièvre révolutionnaire se soit emparée de la société elle-même.
[...]
Pour comprendre ce phénomène, il faut avoir présent à l'esprit le rôle formateur que joua la rhétorique, via la dissertation, aux niveaux supérieurs du système éducatif français par lesquels ces penseurs - pratiquement tous khagneux ou normaliens - sont passés.
[...]
C'est cette caractéristique de la culture française d'alors qui, à l'étranger, a si souvent polarisé des réactions balançant entre adulation et méfiance. La rhétorique est conçue pour envoûter, et un culte s'établit facilement chez ceux qui y succombent.
[...]
On pourrait faire observer que la pression économique et la corrosion politique laissent intactes les valeurs essentielles de la France, telles qu'elle-même et le reste du monde les conçoivent. Aucune nation, après tout, n'a aussi ouvertement fondé son identité sur sa culture, la notion étant aussi comprise au sens le plus large. Mais ici encore, autant et sinon plus qu'en ce qui concerne l'économie et la politique, le tableau pris dans son ensemble est consternant : pour beaucoup, il s'agit même d'une véritable "dégringolade".
[On] a le sentiment que le "toc", l'abêtissement, ainsi que la confusion des choses intellectuelles avec une politique et un argent corrupteur envahissent tout.
[...]
Le monde des idées va à peine mieux.
[...]
Mais si l'on continue à produire ça et là des œuvres d'une qualité incontestable, l'état général de la vie intellectuel est suggéré par l'importance étrange accordée à Bernard-Henri Lévy, de loin le "penseur" de moins de soixante-dix ans le plus connu du pays. Il serait difficile d'imaginer une inversion plus radicales des normes nationales en matière de goût et d'intelligence que l'attention accordée par la sphère publique en France à ce grand nigaud, en dépit des preuves innombrables de son incapacité à saisir correctement un fait ou une idée. Une telle caricature pourrait-elle exister dans une autre grande culture occidentale aujourd'hui ?
Perry Anderson, La pensée tiède, 2005
09.02.10 à 02h29 |
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Mardi 15 septembre 2009
[video=dailymotion]
Disiz La peste vs Zemmour Naulleau 1 [ITV] Onpc 120909
envoyé par peanutsie. - Regardez d'autres vidéos de musique.[/video]
[video=dailymotion]
Disiz La peste vs Zemmour Naulleau 2 [ITV] Onpc 120909
envoyé par peanutsie. - Regardez d'autres vidéos de musique.[/video]
Un petit débat (c'est toujours trop court) entre Zemmour, dont c'est la rentrée, et Disiz la Peste.
Zemmour est une sorte de brontosaure politique antérieur aux années 80, le moment où il a commencé à devenir un simple spectateur. Face à lui, il a ce qu'il appelle "la bien-pensance" et le "politiquement correct", des termes qui le protègent en maintenant le flou sur sa propre identité. Mais qui limitent aussi (inconsciemment ?) que le débat progresse.
La deuxième vidéo tourne autour de l'anecdote de Disiz (ses mauvaises expériences de métis à la Sogénal, BNP, etc). On remarque plusieurs choses :
- Pour Zemmour, cette histoire raciste est l'exception : "vous ne pouvez pas tirer de conclusion sur un pays à partir du comportement de quelques individus". Pour Machin Bacille, c'est le racisme qui est la généralité ("le système"). Autrement dit, pour Z., le bien est une chose banale, y compris en France : pour Disiz, le bien est une chose exceptionnelle, qui sert de matière unique à un livre entier. Par conséquent, le livre ulcère Zemmour, qui préfère "ceux qui ressemblent à la vie" comme il le dit souvent, c'est à dire où le bien et le mal sont tous deux mêlés dans un jeu complexe.
- Benchetrit, assis à droite de Naulleau, tient exactement le même propos que Disiz plus tôt dans l'émission, dans la mesure où son propre livre parle d'un enfant (de banlieue) extraordinairement. Là encore, ce qui l'intéresse, c'est le bien (mais aussi le beau et le bon) en tant qu'exceptions. Benchetrit dit d'ailleurs explicitement combien ce genre de livre est vital dans un monde devenu laid et mauvais (je reviens plus loin sur cette déclinologie propre à la gauche).
- Disiz et Benchetrit établissent donc une généralité (le racisme fondamental du "système") sur des anecdotes : le monde en général, pour eux, c'est une collection d'individus. De son côté, Zemmour émet l'hypothèse que l'être humain, les nations, sont capables aussi de choses grandioses et tente de le vérifier par des anecdotes les plus signifiantes possibles (donc historiques). Le monde pour lui, c'est une grande théorie.
- Les premiers commettent des (auto)biographies, le second des "romans-monde".
- Les premiers écrivent parfois mal, parfois bien mais n'en ont cure du moment qu'ils parlent d'un individu ; le second voudrait le style des plus grands - et écrit comme un journaliste.
En fait, contrairement à ce que laisse supposer un examen rapide, Zemmour est donc des trois le plus optimiste et plus confiant dans la nature humaine - et la nation française. Zemmour est ce qu'on appelle un républicain, un vrai, à la romaine, qui admet la faiblesse humaine mais estime aussi que la vie collective peut être organisée simplement en séparant le public - où les comportements obéissent à des règles morales - et le privé - où s'ébattent les passions, même les moins avouables. Le monde de Zemmour est celui d'une morale limitée mais fondamentale, un monde inégalitaire ou chacun à sa place mais où un menuisier ne sera jamais chef d'orchestre, et réciproquement. On retrouve donc chez lui le goût pour le sublime en littérature, qui n'est pas exclusif de la méchanceté ou de la salacité, etc...
Pour Disiz/Benchetrit, l'homme est foncièrement corrompu et violent quoi qu'on fasse. Sans cesse, ils renverront à Zemmour qu'il est un salaud, un raciste, etc... quand celui-ci s'épuise à protester de ses bons côtés. Pour un Disiz/Benchetrit, la possibilité d'une morale universelle est une illusion. La seule limite pour protéger l'individu est celle de l'égalité - on imagine très bien Disiz militer pour des droits divers et variés, notamment à l'accès garanti des métis sénégalais aux comptes en banque. Militer, et s'en satisfaire, croyant avoir amélioré le "système". Ces deux-là, Disiz la Peste et Benchetrit sont donc les pendants idéologiques des libéraux de type UMP, qui, partant eux aussi d'une vision sombre du monde, et s'emploie à libérer de toutes les passions individuelles - et évidemment, pour ces libéraux en costard c'est essentiellement l'expansion de l'entreprise privée dont il s'agit. Bien sûr, Zemmour lui voit dans cette libération la fin de tout effort de dépassement de l'individu dans le sublime, c'est à dire aussi bien le style en littérature, l'humour (il reproche souvent à ses interlocuteurs de ne pas être drôles), et l'excellence morale en public.
Revenons sur Benchetrit en particulier. Par rapport à Disiz, il représente les classes moyennes. On le voit à sa confiance absolue dans l'école, qui dysfonctionnerait uniquement faute d'argent (Disiz est lui bien plus flou sur l'ascension sociale quand il parle de "manque de modèles"). Obsédé par l'école dite républicaine, B. est-il encore républicain comme Zemmour ? Bien sûr que non. Cette option républicaine, qui correspond parfois à un passé doré (i.e., l'école de sa jeunesse) est repoussée à un avenir où les euros pleuvront sur l'école, et nul ne sait dans quelle mesure. Non seulement c'est un pessimiste, mais c'est un déclinologue. Et le recul moral observé depuis l'âge d'or républicain est souvent reproché aux patrons, ou l'homme politique UMP, Sarkozy en tête. D'ici l'avènement de ce nouvel âge d'or, auquel il ne croit guère au fond - son militantisme désordonné et surjoué le prouve - il s'occupera tout entier à ce que la société progresse depuis sa fange. C'est à dire, qu'elle légifère pour adoucir le monde affreux que Benchetrit voit autour de lui. Bref, B. se régale du ping-pong sans fin entre liberté et égalité (les lois) caractéristique du monde libéral. On le comprend d'ailleurs brièvement quand il insiste sur l'aspect essentiellement ludique du bouquin de Disiz - tout cela est un jeu, au fond. Je parie qu'il reconnaîtrait même être un grand enfant, si on le poussait dans ses retranchements.
Les rappeurs et les Benchetrit ont une qualité énorme comparés aux authentiques penseurs libéraux et modernes : ils sont sincères, et leur capacité de manipulation ne va pas très loin. C'est finalement dans cet espace minuscule, entre un républicain mort-vivant et des braves gars qui s'agitent dans leur imaginaire libéral, que les choses sont les plus évidentes. On devine en revanche qu'avec le repoussant Yann Moix, il ne se passera rien.
Disiz La peste vs Zemmour Naulleau 1 [ITV] Onpc 120909
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Disiz La peste vs Zemmour Naulleau 2 [ITV] Onpc 120909
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Un petit débat (c'est toujours trop court) entre Zemmour, dont c'est la rentrée, et Disiz la Peste.
Zemmour est une sorte de brontosaure politique antérieur aux années 80, le moment où il a commencé à devenir un simple spectateur. Face à lui, il a ce qu'il appelle "la bien-pensance" et le "politiquement correct", des termes qui le protègent en maintenant le flou sur sa propre identité. Mais qui limitent aussi (inconsciemment ?) que le débat progresse.
La deuxième vidéo tourne autour de l'anecdote de Disiz (ses mauvaises expériences de métis à la Sogénal, BNP, etc). On remarque plusieurs choses :
- Pour Zemmour, cette histoire raciste est l'exception : "vous ne pouvez pas tirer de conclusion sur un pays à partir du comportement de quelques individus". Pour Machin Bacille, c'est le racisme qui est la généralité ("le système"). Autrement dit, pour Z., le bien est une chose banale, y compris en France : pour Disiz, le bien est une chose exceptionnelle, qui sert de matière unique à un livre entier. Par conséquent, le livre ulcère Zemmour, qui préfère "ceux qui ressemblent à la vie" comme il le dit souvent, c'est à dire où le bien et le mal sont tous deux mêlés dans un jeu complexe.
- Benchetrit, assis à droite de Naulleau, tient exactement le même propos que Disiz plus tôt dans l'émission, dans la mesure où son propre livre parle d'un enfant (de banlieue) extraordinairement. Là encore, ce qui l'intéresse, c'est le bien (mais aussi le beau et le bon) en tant qu'exceptions. Benchetrit dit d'ailleurs explicitement combien ce genre de livre est vital dans un monde devenu laid et mauvais (je reviens plus loin sur cette déclinologie propre à la gauche).
- Disiz et Benchetrit établissent donc une généralité (le racisme fondamental du "système") sur des anecdotes : le monde en général, pour eux, c'est une collection d'individus. De son côté, Zemmour émet l'hypothèse que l'être humain, les nations, sont capables aussi de choses grandioses et tente de le vérifier par des anecdotes les plus signifiantes possibles (donc historiques). Le monde pour lui, c'est une grande théorie.
- Les premiers commettent des (auto)biographies, le second des "romans-monde".
- Les premiers écrivent parfois mal, parfois bien mais n'en ont cure du moment qu'ils parlent d'un individu ; le second voudrait le style des plus grands - et écrit comme un journaliste.
En fait, contrairement à ce que laisse supposer un examen rapide, Zemmour est donc des trois le plus optimiste et plus confiant dans la nature humaine - et la nation française. Zemmour est ce qu'on appelle un républicain, un vrai, à la romaine, qui admet la faiblesse humaine mais estime aussi que la vie collective peut être organisée simplement en séparant le public - où les comportements obéissent à des règles morales - et le privé - où s'ébattent les passions, même les moins avouables. Le monde de Zemmour est celui d'une morale limitée mais fondamentale, un monde inégalitaire ou chacun à sa place mais où un menuisier ne sera jamais chef d'orchestre, et réciproquement. On retrouve donc chez lui le goût pour le sublime en littérature, qui n'est pas exclusif de la méchanceté ou de la salacité, etc...
Pour Disiz/Benchetrit, l'homme est foncièrement corrompu et violent quoi qu'on fasse. Sans cesse, ils renverront à Zemmour qu'il est un salaud, un raciste, etc... quand celui-ci s'épuise à protester de ses bons côtés. Pour un Disiz/Benchetrit, la possibilité d'une morale universelle est une illusion. La seule limite pour protéger l'individu est celle de l'égalité - on imagine très bien Disiz militer pour des droits divers et variés, notamment à l'accès garanti des métis sénégalais aux comptes en banque. Militer, et s'en satisfaire, croyant avoir amélioré le "système". Ces deux-là, Disiz la Peste et Benchetrit sont donc les pendants idéologiques des libéraux de type UMP, qui, partant eux aussi d'une vision sombre du monde, et s'emploie à libérer de toutes les passions individuelles - et évidemment, pour ces libéraux en costard c'est essentiellement l'expansion de l'entreprise privée dont il s'agit. Bien sûr, Zemmour lui voit dans cette libération la fin de tout effort de dépassement de l'individu dans le sublime, c'est à dire aussi bien le style en littérature, l'humour (il reproche souvent à ses interlocuteurs de ne pas être drôles), et l'excellence morale en public.
Revenons sur Benchetrit en particulier. Par rapport à Disiz, il représente les classes moyennes. On le voit à sa confiance absolue dans l'école, qui dysfonctionnerait uniquement faute d'argent (Disiz est lui bien plus flou sur l'ascension sociale quand il parle de "manque de modèles"). Obsédé par l'école dite républicaine, B. est-il encore républicain comme Zemmour ? Bien sûr que non. Cette option républicaine, qui correspond parfois à un passé doré (i.e., l'école de sa jeunesse) est repoussée à un avenir où les euros pleuvront sur l'école, et nul ne sait dans quelle mesure. Non seulement c'est un pessimiste, mais c'est un déclinologue. Et le recul moral observé depuis l'âge d'or républicain est souvent reproché aux patrons, ou l'homme politique UMP, Sarkozy en tête. D'ici l'avènement de ce nouvel âge d'or, auquel il ne croit guère au fond - son militantisme désordonné et surjoué le prouve - il s'occupera tout entier à ce que la société progresse depuis sa fange. C'est à dire, qu'elle légifère pour adoucir le monde affreux que Benchetrit voit autour de lui. Bref, B. se régale du ping-pong sans fin entre liberté et égalité (les lois) caractéristique du monde libéral. On le comprend d'ailleurs brièvement quand il insiste sur l'aspect essentiellement ludique du bouquin de Disiz - tout cela est un jeu, au fond. Je parie qu'il reconnaîtrait même être un grand enfant, si on le poussait dans ses retranchements.
Les rappeurs et les Benchetrit ont une qualité énorme comparés aux authentiques penseurs libéraux et modernes : ils sont sincères, et leur capacité de manipulation ne va pas très loin. C'est finalement dans cet espace minuscule, entre un républicain mort-vivant et des braves gars qui s'agitent dans leur imaginaire libéral, que les choses sont les plus évidentes. On devine en revanche qu'avec le repoussant Yann Moix, il ne se passera rien.
15.09.09 à 18h58 |
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Dimanche 09 août 2009
Une chanson pour gifler la nostalgie en pleine gueule.
Ginestet, Gress, Furlan, Specht: douze balles, et droit au cœur soldats!
--- Le lien pour les non-sourds ---
Madame Nostalgie
Depuis le temps que tu radotes
Et que tu vas de porte en porte
Répandre ta mélancolie
Madame Nostalgie
Avec tes yeux noyés de brume
Et tes rancœurs et tes rancunes
Et tes douceâtres litanies
Madame Nostalgie
Tu causes, tu causes, tu causes, tu causes
De la fragilité des roses
Je n'entends plus ce que tu dis
Madame Nostalgie
Depuis le temps que tu m'accables
J'ai envie d'envoyer au diable
Ton mal d'amour si mal guéri
Madame Nostalgie
Tu pleures sur un nom de ville
Et tu confonds, pauvre imbécile
L'amour et la géographie
Madame Nostalgie
Tu rêves, tu rêves, tu rêves, tu rêves
Mais tes arbres n'ont plus de sève
Et tes branches n'ont plus de fruits
Madame Nostalgie
Pardonne-moi si j'en ai marre
De tes dentelles grises et noires
Il fait trop triste par ici
Madame Nostalgie
Je veux entendre des orages
Respirer des jardins sauvages
Voir le soleil et la pluie
Madame Nostalgie
Tu pleures, tu pleures, tu pleures, tu pleures
Mais ce soir je n'ai plus le cœur
De partager tes insomnies
Madame j'ai envie
Ce soir d'être infidèle
Dans les bras d'une belle
Qui ressemble à la vie
(de Moustaki, chanté par l'idole de fidelio
Serge Reggiani)
Ginestet, Gress, Furlan, Specht: douze balles, et droit au cœur soldats!
--- Le lien pour les non-sourds ---
Madame Nostalgie
Depuis le temps que tu radotes
Et que tu vas de porte en porte
Répandre ta mélancolie
Madame Nostalgie
Avec tes yeux noyés de brume
Et tes rancœurs et tes rancunes
Et tes douceâtres litanies
Madame Nostalgie
Tu causes, tu causes, tu causes, tu causes
De la fragilité des roses
Je n'entends plus ce que tu dis
Madame Nostalgie
Depuis le temps que tu m'accables
J'ai envie d'envoyer au diable
Ton mal d'amour si mal guéri
Madame Nostalgie
Tu pleures sur un nom de ville
Et tu confonds, pauvre imbécile
L'amour et la géographie
Madame Nostalgie
Tu rêves, tu rêves, tu rêves, tu rêves
Mais tes arbres n'ont plus de sève
Et tes branches n'ont plus de fruits
Madame Nostalgie
Pardonne-moi si j'en ai marre
De tes dentelles grises et noires
Il fait trop triste par ici
Madame Nostalgie
Je veux entendre des orages
Respirer des jardins sauvages
Voir le soleil et la pluie
Madame Nostalgie
Tu pleures, tu pleures, tu pleures, tu pleures
Mais ce soir je n'ai plus le cœur
De partager tes insomnies
Madame j'ai envie
Ce soir d'être infidèle
Dans les bras d'une belle
Qui ressemble à la vie
(de Moustaki, chanté par l'idole de fidelio
09.08.09 à 17h27 |
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Dimanche 02 août 2009
Je suis retombé récemment dans un de ces livres qu'on nous incitait lire au collège.
La Bruyère était un moraliste de grande race, en plus d'être un styliste remarquable: on peut admirer dans ses lignes tout le travail qui est fait pour les rendre musicales, alors que le français est une langue naturellement atonique.
Mais La Bruyère était d'abord surtout un observateur implacable des mœurs de son milieu. Un milieu où la discussion, l'esprit tenaient une place majeur - comme sur notre petit Stub, dans un mode mineur. Nos petits soucis de cohabitation (topic Michael Jackson, etc...), nos incompatibilités, nos soucis de modération
ont donc déjà été tous explorés de fond en comble, avec une finesse inouïe. Il faut dire que l'époque ne rechignait pas à ce genre de réflexion morale, ne dédaignait pas d'emblée la figure du moraliste.
(mode radotage Zottel on)
Car ce sont bien sûr des questions morales ! Quant à nous, notre dogme "c'est mon droit / je fais ce que je veux / d'où tu me juges" nous interdit de nous y avancer, car il est l'expression d'un relativisme obligatoire et le refus de valeurs supérieures communes. Conformément à ce dogme, on ne se reconnaît comme règles que la Loi (les "règles du forum"), basée sur la démocratie (on tente de rallier les suffrages quand on en est en difficulté, etc). L'Individu, avec tout ses composantes, même ses opinions les plus grotesques sont entourées du Respect le plus sacré ("c'est mon opinion / chacun son avis"). Bref: c'est le règne des individus les plus nombreux, ce qui est bien différent du règne du Bien (qui lui peut être assez pénible à atteindre pour tous les individus).
L'idée même de morale est assimilée bêtement aux tabous sexuels chrétiens (voir Guillaume Dustan, mais il y a des millions d'exemples)... Pourtant, sous ses airs funs et colorés, la pensée-réflexe amorale est issue de la révolution moderne qui commence juste après le siècle de La Bruyère. Ce qui ne nous rajeunit pas.
Dans ces conditions, nous arrivons plus ou moins à circonvenir l'imbécile (le prototype enculcygogne
par exemple), à l'appui des fameuses et rares lois imposées par la majorité des individus (i.e. les Règles-du-forum) ; nous y arrivons non sans mal, car ces lois ne font pas référence à une valeur supérieure que serait l'intelligence, l'esprit. Simplement, l'imbécile finit par fauter sur des détails (orthographe, SMS, insultes mal déguisées car le second degré n'est pas maîtrisé etc).
En revanche, il est impossible de piéger l'individu malfaisant qui se conforme au règlement (orthographe correcte, insultes voilées, ...). Ce que nous sommes tous à l'occasion - à commencer par moi.
(mode radotage Zottel off)
Bref, puisqu'en matière de mondanités nous sommes revenus à l'âge de pierre (*) à force d'individualisme et de transgression, puisque nous redoutons régulièrement le naufrage du forum dans la sottise et la violence numérique débridée... il est assez fascinant de lire l'ancêtre La Bruyère. Qui était, lui, le produit le plus abouti de cette vie de salon. Une sorte de Stubiste idéal, respectant évidemment les règles explicites (donc nos Règles du forum) mais également toutes celles, implicites, qui font d'un forumeur quelqu'un de plaisant, agréable, profond, exquis... quelqu'un qui ne se comporte pas uniquement de façon strictement licite, mais qui est également moral - notamment, dans les formes.
C'est un peu décourageant à lire, aussi.
(* même si nous nous en sortons plus ou moins bien sur le Stub, étant tout de même tous, par nature, disposés à la vie collective)
Honnêtement, il est difficile de ne pas se reconnaître, au moins en partie, dans chacun des Caractères - enfin c'est mon cas - et donc de ne pas y retrouver toute la Comédie du Stub. Je choisis donc arbitrairement :
L'esprit de la conversation consiste bien moins à en montrer beaucoup qu'à en faire trouver aux autres : celui qui sort de votre entretien content de soi et de son esprit, l'est de vous parfaitement. Les hommes n'aiment point à vous admirer, ils veulent plaire ; ils cherchent moins à être instruits, et même réjouis, qu'à être goûtés et applaudis ; et le plaisir le plus délicat est de faire celui d'autrui.
19 (IV)
Dire d'une chose modestement ou qu'elle est bonne ou qu'elle est mauvaise, et les raisons pourquoi elle est telle, demande du bon sens et de l'expression : c'est une affaire.
Il est plus court de prononcer d'un ton décisif, et qui emporte la preuve de ce qu'on avance, ou qu'elle est exécrable, ou qu'elle est miraculeuse.
20 (I)
Rien n'est moins selon Dieu et selon le monde que d'appuyer tout ce que l'on dit dans la conversation, jusques aux choses les plus indifférentes, par de longs et de fastidieux serments.
Un honnête homme qui dit oui et non mérite d'être cru : son caractère jure pour lui, donne créance à ses paroles, et lui attire toute sorte de confiance.
21 (I)
Celui qui dit incessamment qu'il a de l'honneur et de la probité, qu'il ne nuit à personne, qu'il consent que le mal qu'il fait aux autres lui arrive, et qui jure pour le faire croire, ne sait pas même contrefaire l'homme de bien.
Un homme de bien ne saurait empêcher par toute sa modestie qu'on ne dise de lui ce qu'un malhonnête homme sait dire de soi.
22 (V)
Cléon parle peu obligeamment ou peu juste, c'est l'un ou l'autre ; mais il ajoute qu'il est fait ainsi, et qu'il dit ce qu'il pense.
27 (V)
Parler et offenser, pour de certaines gens, est précisément la même chose. Ils sont piquants et amers ; leur style est mêlé de fiel et d'absinthe : la raillerie, l'injure, l'insulte leur découlent des lèvres comme leur salive.
Il leur serait utile d'être nés muets ou stupides : ce qu'ils ont de vivacité et d'esprit leur nuit davantage que ne fait à quelques autres leur sottise. Ils ne se contentent pas toujours de répliquer avec aigreur, ils attaquent souvent avec insolence ; ils frappent sur tout ce qui se trouve sous leur langue, sur les présents, sur les absents ; ils heurtent de front et de côté, comme des béliers : demande-t-on à des béliers qu'ils n'aient pas de cornes ? De même n'espère-t-on pas de réformer par cette peinture des naturels si durs, si farouches, si indociles. Ce que l'on peut faire de mieux, d'aussi loin qu'on les découvre, est de les fuir de toute sa force et sans regarder derrière soi.
28 (V)
Il y a des gens d'une certaine étoffe ou d'un certain caractère avec qui il ne faut jamais se commettre, de qui l'on ne doit se plaindre que le moins qu'il est possible, contre qui il n'est pas même permis d'avoir raison.
29 (V)
Entre deux personnes qui ont eu ensemble une violente querelle, dont l'un a raison et l'autre ne l'a pas, ce que la plupart de ceux qui y ont assisté ne manquent jamais de faire, ou pour se dispenser de juger, ou par un tempérament qui m'a toujours paru hors de sa place, c'est de condamner tous les deux : leçon importante, motif pressant et indispensable de fuir à l'orient quand le fat est à l'occident, pour éviter de partager avec lui le même tort.
31 (IV)
Avec de la vertu, de la capacité, et une bonne conduite, l'on peut être insupportable. Les manières, que l'on néglige comme de petites choses, sont souvent ce qui fait que les hommes décident de vous en bien ou en mal : une légère attention à les avoir douces et polies prévient leurs mauvais jugements. Il ne faut presque rien pour être cru fier, incivil, méprisant, désobligeant : il faut encore moins pour être estimé tout le contraire.
32 (IV)
La politesse n'inspire pas toujours la bonté, l'équité, la complaisance, la gratitude ; elle en donne du moins les apparences, et fait paraître l'homme au dehors comme il devrait être intérieurement.
38 (IV)
Vivre avec des gens qui sont brouillés, et dont il faut écouter de part et d'autre les plaintes réciproques, c'est, pour ainsi dire, ne pas sortir de l'audience, et entendre du matin au soir plaider et parler procès.
41 (I)
Dans la société, c'est la raison qui plie la première. Les plus sages sont souvent menés par le plus fou et le plus bizarre : l'on étudie son faible, son humeur, ses caprices, l'on s'y accommode ; l'on évite de le heurter, tout le monde lui cède ; la moindre sérénité qui paraît sur son visage lui attire des éloges : on lui tient compte de n'être pas toujours insupportable. Il est craint, ménagé, obéi, quelquefois aimé.
56 (IV)
Rire des gens d'esprit, c'est le privilège des sots : ils sont dans le monde ce que les fous sont à la cour, je veux dire sans conséquence.
57 (I)
La moquerie est souvent indigence d'esprit.
La Bruyère était un moraliste de grande race, en plus d'être un styliste remarquable: on peut admirer dans ses lignes tout le travail qui est fait pour les rendre musicales, alors que le français est une langue naturellement atonique.
Mais La Bruyère était d'abord surtout un observateur implacable des mœurs de son milieu. Un milieu où la discussion, l'esprit tenaient une place majeur - comme sur notre petit Stub, dans un mode mineur. Nos petits soucis de cohabitation (topic Michael Jackson, etc...), nos incompatibilités, nos soucis de modération
(mode radotage Zottel on)
Car ce sont bien sûr des questions morales ! Quant à nous, notre dogme "c'est mon droit / je fais ce que je veux / d'où tu me juges" nous interdit de nous y avancer, car il est l'expression d'un relativisme obligatoire et le refus de valeurs supérieures communes. Conformément à ce dogme, on ne se reconnaît comme règles que la Loi (les "règles du forum"), basée sur la démocratie (on tente de rallier les suffrages quand on en est en difficulté, etc). L'Individu, avec tout ses composantes, même ses opinions les plus grotesques sont entourées du Respect le plus sacré ("c'est mon opinion / chacun son avis"). Bref: c'est le règne des individus les plus nombreux, ce qui est bien différent du règne du Bien (qui lui peut être assez pénible à atteindre pour tous les individus).
L'idée même de morale est assimilée bêtement aux tabous sexuels chrétiens (voir Guillaume Dustan, mais il y a des millions d'exemples)... Pourtant, sous ses airs funs et colorés, la pensée-réflexe amorale est issue de la révolution moderne qui commence juste après le siècle de La Bruyère. Ce qui ne nous rajeunit pas.
Dans ces conditions, nous arrivons plus ou moins à circonvenir l'imbécile (le prototype enculcygogne
En revanche, il est impossible de piéger l'individu malfaisant qui se conforme au règlement (orthographe correcte, insultes voilées, ...). Ce que nous sommes tous à l'occasion - à commencer par moi.
(mode radotage Zottel off)
Bref, puisqu'en matière de mondanités nous sommes revenus à l'âge de pierre (*) à force d'individualisme et de transgression, puisque nous redoutons régulièrement le naufrage du forum dans la sottise et la violence numérique débridée... il est assez fascinant de lire l'ancêtre La Bruyère. Qui était, lui, le produit le plus abouti de cette vie de salon. Une sorte de Stubiste idéal, respectant évidemment les règles explicites (donc nos Règles du forum) mais également toutes celles, implicites, qui font d'un forumeur quelqu'un de plaisant, agréable, profond, exquis... quelqu'un qui ne se comporte pas uniquement de façon strictement licite, mais qui est également moral - notamment, dans les formes.
C'est un peu décourageant à lire, aussi.
(* même si nous nous en sortons plus ou moins bien sur le Stub, étant tout de même tous, par nature, disposés à la vie collective)
Honnêtement, il est difficile de ne pas se reconnaître, au moins en partie, dans chacun des Caractères - enfin c'est mon cas - et donc de ne pas y retrouver toute la Comédie du Stub. Je choisis donc arbitrairement :
De la société et de la conversation
16 (I)L'esprit de la conversation consiste bien moins à en montrer beaucoup qu'à en faire trouver aux autres : celui qui sort de votre entretien content de soi et de son esprit, l'est de vous parfaitement. Les hommes n'aiment point à vous admirer, ils veulent plaire ; ils cherchent moins à être instruits, et même réjouis, qu'à être goûtés et applaudis ; et le plaisir le plus délicat est de faire celui d'autrui.
19 (IV)
Dire d'une chose modestement ou qu'elle est bonne ou qu'elle est mauvaise, et les raisons pourquoi elle est telle, demande du bon sens et de l'expression : c'est une affaire.
Il est plus court de prononcer d'un ton décisif, et qui emporte la preuve de ce qu'on avance, ou qu'elle est exécrable, ou qu'elle est miraculeuse.
20 (I)
Rien n'est moins selon Dieu et selon le monde que d'appuyer tout ce que l'on dit dans la conversation, jusques aux choses les plus indifférentes, par de longs et de fastidieux serments.
Un honnête homme qui dit oui et non mérite d'être cru : son caractère jure pour lui, donne créance à ses paroles, et lui attire toute sorte de confiance.
21 (I)
Celui qui dit incessamment qu'il a de l'honneur et de la probité, qu'il ne nuit à personne, qu'il consent que le mal qu'il fait aux autres lui arrive, et qui jure pour le faire croire, ne sait pas même contrefaire l'homme de bien.
Un homme de bien ne saurait empêcher par toute sa modestie qu'on ne dise de lui ce qu'un malhonnête homme sait dire de soi.
22 (V)
Cléon parle peu obligeamment ou peu juste, c'est l'un ou l'autre ; mais il ajoute qu'il est fait ainsi, et qu'il dit ce qu'il pense.
27 (V)
Parler et offenser, pour de certaines gens, est précisément la même chose. Ils sont piquants et amers ; leur style est mêlé de fiel et d'absinthe : la raillerie, l'injure, l'insulte leur découlent des lèvres comme leur salive.
Il leur serait utile d'être nés muets ou stupides : ce qu'ils ont de vivacité et d'esprit leur nuit davantage que ne fait à quelques autres leur sottise. Ils ne se contentent pas toujours de répliquer avec aigreur, ils attaquent souvent avec insolence ; ils frappent sur tout ce qui se trouve sous leur langue, sur les présents, sur les absents ; ils heurtent de front et de côté, comme des béliers : demande-t-on à des béliers qu'ils n'aient pas de cornes ? De même n'espère-t-on pas de réformer par cette peinture des naturels si durs, si farouches, si indociles. Ce que l'on peut faire de mieux, d'aussi loin qu'on les découvre, est de les fuir de toute sa force et sans regarder derrière soi.
28 (V)
Il y a des gens d'une certaine étoffe ou d'un certain caractère avec qui il ne faut jamais se commettre, de qui l'on ne doit se plaindre que le moins qu'il est possible, contre qui il n'est pas même permis d'avoir raison.
29 (V)
Entre deux personnes qui ont eu ensemble une violente querelle, dont l'un a raison et l'autre ne l'a pas, ce que la plupart de ceux qui y ont assisté ne manquent jamais de faire, ou pour se dispenser de juger, ou par un tempérament qui m'a toujours paru hors de sa place, c'est de condamner tous les deux : leçon importante, motif pressant et indispensable de fuir à l'orient quand le fat est à l'occident, pour éviter de partager avec lui le même tort.
31 (IV)
Avec de la vertu, de la capacité, et une bonne conduite, l'on peut être insupportable. Les manières, que l'on néglige comme de petites choses, sont souvent ce qui fait que les hommes décident de vous en bien ou en mal : une légère attention à les avoir douces et polies prévient leurs mauvais jugements. Il ne faut presque rien pour être cru fier, incivil, méprisant, désobligeant : il faut encore moins pour être estimé tout le contraire.
32 (IV)
La politesse n'inspire pas toujours la bonté, l'équité, la complaisance, la gratitude ; elle en donne du moins les apparences, et fait paraître l'homme au dehors comme il devrait être intérieurement.
38 (IV)
Vivre avec des gens qui sont brouillés, et dont il faut écouter de part et d'autre les plaintes réciproques, c'est, pour ainsi dire, ne pas sortir de l'audience, et entendre du matin au soir plaider et parler procès.
41 (I)
Dans la société, c'est la raison qui plie la première. Les plus sages sont souvent menés par le plus fou et le plus bizarre : l'on étudie son faible, son humeur, ses caprices, l'on s'y accommode ; l'on évite de le heurter, tout le monde lui cède ; la moindre sérénité qui paraît sur son visage lui attire des éloges : on lui tient compte de n'être pas toujours insupportable. Il est craint, ménagé, obéi, quelquefois aimé.
56 (IV)
Rire des gens d'esprit, c'est le privilège des sots : ils sont dans le monde ce que les fous sont à la cour, je veux dire sans conséquence.
57 (I)
La moquerie est souvent indigence d'esprit.
02.08.09 à 03h53 |
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Mercredi 15 juillet 2009
Sleon une edtue de l'Uvinertisé de Cmabridge, l'odrre des ltteers dnas les mtos na pas d'ipmrotncae, la suele coshe improtnate est que la pmeirère et la drenèire siot à la bnnoe pclae. Le rsete puet êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas porbèlme. C'est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot.
Etonnant, non ? On remarquera que, comme toutes les saloperies anti-françaises, ça vient des anglo-saxons. Car voilà presque de quoi consacrer l'usage du SMS, n'est-il pas ? A la nuance près qu'en général, les SMS-première langue ne connaissent pas l'orthographe véritable des mots, et aurait bien du mal à en mélanger les lettres. On comprend en fait que la lecture est un processus purement visuel, où seules la première et la dernière lettre sont importantes - ce n'est pas, a contrario, un processus phonétique, d'où le travail harassant que représente la lecture du SMS. De même, quand vous lisez un texte en vous le récitant dans la tête, en vous écoutant vous-même, vous n'êtes déjà plus concentré.
D'ailleurs, il fait un temps à écouter Manitas de Plata, je recommande Chilipoum. Je pense que c'est tout.
Etonnant, non ? On remarquera que, comme toutes les saloperies anti-françaises, ça vient des anglo-saxons. Car voilà presque de quoi consacrer l'usage du SMS, n'est-il pas ? A la nuance près qu'en général, les SMS-première langue ne connaissent pas l'orthographe véritable des mots, et aurait bien du mal à en mélanger les lettres. On comprend en fait que la lecture est un processus purement visuel, où seules la première et la dernière lettre sont importantes - ce n'est pas, a contrario, un processus phonétique, d'où le travail harassant que représente la lecture du SMS. De même, quand vous lisez un texte en vous le récitant dans la tête, en vous écoutant vous-même, vous n'êtes déjà plus concentré.
D'ailleurs, il fait un temps à écouter Manitas de Plata, je recommande Chilipoum. Je pense que c'est tout.
15.07.09 à 18h47 |
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Mercredi 22 avril 2009
Ces derniers jours, une micro-polémique agite les sphères de la Culture et de la Snobisme.
Il s'agit d'une exposition sur le corps - "Our Body" donc -, basée sur la mise en scène de veritables cadavres humains disséqués et embaumés:

Il y a quelques temps, j'avais visité, à l'Ecole vétérinaire de Maison-Alfort, l'exposition d'"Ecorchés" de Fragonard. Le peintre ? Non, le vétérinaire.

Les procédés sont comparables: colorations fantaisistes, postures grotesques, voire quelques touches d'humour carabin (un pénis embaumé en position (très) vitale). En fait d'autorisations, les élèves vétos allaient se servir la nuit dans les fosses communes de Paris, par goût du défi... quelle a été la position de l'époque, l'église n'étant pas tout toujours été ce qu'elle est ? Vraisemblablement, de la tolérance. Fragonard et son club de disséqueurs ont distribué des centaines d'"Ecorchés" dans toute la France.
De façon amusante, on tente de détourner cette question morale, qui touche de près aux représentations religieuses, en évoquant de près ou de loin notre copine la Loi, et derrière, la notion d'intérêt individuel;
(1) le statut légal actuel du cadavre.
(2) le fait qu'il s'agisse peut-être d'anciens condamnés à mort chinois. C'est aussi un repli sur ce qui nous sert de substitut à la religion, la loi donc, elle qui régit la cohabitation des vivants et doit limiter leur souffrance. Le condamné à mort chinois, c'est le cauchemar absolu. Oui, mais pour une exposition de corps? Ce sont des morts comme d'autres, il ne souffrent plus! Mais il paraît que ce marché pourrait stimuler le rythme des exécutions en Chine! Comment une exposition de 30 empaillés pourrait stimuler la machine de mort d'un pays d'1,5 milliard d'âmes, qui en zigouille 8000 bon an mal an ?
(3) le manque d'intérêt pédagogique. Je m'étais demandé, dans le musée Fragonard, s'il y avait un intérêt scientifique quelconque à ce travail. La présentation de l'anatomie est médiocre - la dissection ne consiste pas toujours à laisser les organes en place, au contraire. Le procédé est passablement destructif. De plus, les couleurs ont disparues, les proportions sont altérées par l'embaumement. Une génération de médecins capables de prouesses inouïes, comme la dissection d'une moëlle épinière humaine complète, avait-elle besoin en plus de ces conneries desséchées ? Certainement non. Globalement donc, l'intérêt pédagogique, que se soit pour l'expo "Our body" ou pour Fragonard, est faible; seuls des étudiants en médecine ont besoin de ce genre de connaissances, peuvent comprendre ce qu'ils voient, et rien ne remplacera jamais pour eux l'expérience du "matériel frais" (la dissection).
Tout ceci est bel et bon, mais on ne sait toujours pas si c'est bien ou mal.
On pourrait y voir la patte du modernisme: son travail a consisté a affadir et dénigrer les valeurs transcendantes, le bien donc (base de la morale chrétienne), mais aussi le beau, puisque l'art qui rompt avec le classicisme n'est plus seulement beau, parfois n'est plus beau du tout. Il ne se pose plus la question, dit on. Dans ces conditions, des Chinois empaillés peuvent bien faire office d'oeuvre d'Art. L'Art, qui était justifié par le Beau, sert d'ailleurs de refuge quand notre amoralisme moderne nous saute à la gueule; des photos de cadavres irakiens, c'est de l'Art; la jeunesse de Catherine Ringer, c'est une Performance, etc...
Oui, et Fragonard? Il y a peu de chances qu'il ait eu, lui, les ambitions artistiques que lui prêtait mon guide. J'essayais d'imaginer, en voyant les Ecorchés, les nuits blanches passées sur le cadavre frais, à se relayer avec les copains pour préparer organe, posture, embaumement, en luttant avec le temps et le pourrissement. Sans oublier de glisser un bout de bois dans la bite pour rigoler. Ca, de l'Art? Plus certainement, des soirées d'étudiants - brillants - à l'ancienne.
Alors? Je suis doute.
Il s'agit d'une exposition sur le corps - "Our Body" donc -, basée sur la mise en scène de veritables cadavres humains disséqués et embaumés:

Bien ou mal ?
Enième question morale autour de la mort, qui nous laisse, nous et nos contemporains, comme une poule devant un peigne. Certains avancent qu'un pays laïque ne doit pas s'embarasser de préoccupations religieuses sur le statut du corps. Comme pour Desproges, un sac poubelle bleu devrait faire l'affaire. Pour d'autre, c'est une limite (énième aussi) qui est franchie.Il y a quelques temps, j'avais visité, à l'Ecole vétérinaire de Maison-Alfort, l'exposition d'"Ecorchés" de Fragonard. Le peintre ? Non, le vétérinaire.

Les procédés sont comparables: colorations fantaisistes, postures grotesques, voire quelques touches d'humour carabin (un pénis embaumé en position (très) vitale). En fait d'autorisations, les élèves vétos allaient se servir la nuit dans les fosses communes de Paris, par goût du défi... quelle a été la position de l'époque, l'église n'étant pas tout toujours été ce qu'elle est ? Vraisemblablement, de la tolérance. Fragonard et son club de disséqueurs ont distribué des centaines d'"Ecorchés" dans toute la France.
De façon amusante, on tente de détourner cette question morale, qui touche de près aux représentations religieuses, en évoquant de près ou de loin notre copine la Loi, et derrière, la notion d'intérêt individuel;
(1) le statut légal actuel du cadavre.
(2) le fait qu'il s'agisse peut-être d'anciens condamnés à mort chinois. C'est aussi un repli sur ce qui nous sert de substitut à la religion, la loi donc, elle qui régit la cohabitation des vivants et doit limiter leur souffrance. Le condamné à mort chinois, c'est le cauchemar absolu. Oui, mais pour une exposition de corps? Ce sont des morts comme d'autres, il ne souffrent plus! Mais il paraît que ce marché pourrait stimuler le rythme des exécutions en Chine! Comment une exposition de 30 empaillés pourrait stimuler la machine de mort d'un pays d'1,5 milliard d'âmes, qui en zigouille 8000 bon an mal an ?
(3) le manque d'intérêt pédagogique. Je m'étais demandé, dans le musée Fragonard, s'il y avait un intérêt scientifique quelconque à ce travail. La présentation de l'anatomie est médiocre - la dissection ne consiste pas toujours à laisser les organes en place, au contraire. Le procédé est passablement destructif. De plus, les couleurs ont disparues, les proportions sont altérées par l'embaumement. Une génération de médecins capables de prouesses inouïes, comme la dissection d'une moëlle épinière humaine complète, avait-elle besoin en plus de ces conneries desséchées ? Certainement non. Globalement donc, l'intérêt pédagogique, que se soit pour l'expo "Our body" ou pour Fragonard, est faible; seuls des étudiants en médecine ont besoin de ce genre de connaissances, peuvent comprendre ce qu'ils voient, et rien ne remplacera jamais pour eux l'expérience du "matériel frais" (la dissection).
Tout ceci est bel et bon, mais on ne sait toujours pas si c'est bien ou mal.
Beau ou laid ?
On l'oublie, mais il s'agit d'une exposition sensé être artistique. D'ailleurs, comme me le disait le guide à propos de Fragonard: "Ca sert à rien; c'est de l'Art".On pourrait y voir la patte du modernisme: son travail a consisté a affadir et dénigrer les valeurs transcendantes, le bien donc (base de la morale chrétienne), mais aussi le beau, puisque l'art qui rompt avec le classicisme n'est plus seulement beau, parfois n'est plus beau du tout. Il ne se pose plus la question, dit on. Dans ces conditions, des Chinois empaillés peuvent bien faire office d'oeuvre d'Art. L'Art, qui était justifié par le Beau, sert d'ailleurs de refuge quand notre amoralisme moderne nous saute à la gueule; des photos de cadavres irakiens, c'est de l'Art; la jeunesse de Catherine Ringer, c'est une Performance, etc...
Oui, et Fragonard? Il y a peu de chances qu'il ait eu, lui, les ambitions artistiques que lui prêtait mon guide. J'essayais d'imaginer, en voyant les Ecorchés, les nuits blanches passées sur le cadavre frais, à se relayer avec les copains pour préparer organe, posture, embaumement, en luttant avec le temps et le pourrissement. Sans oublier de glisser un bout de bois dans la bite pour rigoler. Ca, de l'Art? Plus certainement, des soirées d'étudiants - brillants - à l'ancienne.
Alors? Je suis doute.
22.04.09 à 21h55 |
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