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Le club unique..les miracles de Vencel, la victoire contre le FC Nantes de 1995, contre l'Inter de Ronaldo...les fous rires aussi, avec les joueurs improbables, Chilavert, Rott ("le Hitchcok du Foot", ©Schlapsheim), Gohel..Unique j'vous dis ! Gagnera un jour la LDC contre Lyon et Chelsea (tout en luttant pour le maintien). ALLEZ RACING !
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Amis stubistes
Vendredi 20 août 2010
Mon voisin est une (probablement) une ordure ; je ne sais pas s'il tape sa femme ou un tapis poussiéreux, mais ça sanglote dur. On se console comme on peut, par exemple avec cette ébauche de pièce de théâtre dont je ne suis pas si mécontent - car il m'arrive de rire sur la lyre.
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20.08.10 à 00h20 |
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commentaires (3)
Dimanche 13 juin 2010
Il doit y avoir une sorte fond critique, qui deviendra peut être un jour politique ou post-politique, qui se constitue lentement en réaction aux développements infinis du modernisme. Il y a là, réunis autour de la philosophie (dans les auteurs francophones ; J.-C. Michéa, le Montpellierain), l'écologie et les sciences de l'évolution, la psychologie, sociologie, critique littéraire...
Un stubiste (fuchsi
je crois), tombé récemment sur Ravage (René Barjavel), livre écrit en 1943, m'a rappelé que cette affaire-là n'est pas jeune.

Toujours impliqués dans la vie intellectuelle de Montpellier, où l'on trouve un petit public d'universitaires, J.-C. Michéa et Sauramps avaient invité la semaine passé un auteur méconnu en France, Christian Marouby. Méconnu, mais étonnamment en harmonie avec ce qui peut s'écrire dans les différents champs disciplinaires sus-mentionnés pour ce qui concerne les problèmes modernes.
Le gonze Marouby vient des Etats-Unis et de l'anthropologie ; une discipline qui ne s'interdit, il me semble, pas beaucoup de questions liées à l'Homme. Justement, il s'agissait ce soir là d'Histoire, et de relecture d'Adam Smith, philosophe, économiste, un des père fondateurs du libéralisme et donc de l'occident moderne et... anthropologue.
En particulier, Marouby essayait de retracer la construction du mythe moderne du progrès ; il est assez trivial que, excepté en science on l'on préfère la formulation neutre d'"évolution" (changement), nous préférons généralement interpréter d'une chaîne d'évènements passés, avec un sens et une direction : le Progrès (yeah).
C'est à dire qu'en dehors de domaines préservés par l'obligation de neutralité scientifique, et le contact assez froid avec la réalité (car en effet, le progrès ne peut pas se mesurer ou se quantifier dans les systèmes naturels), nous accordons, dès qu'il s'agit plutôt de spéculation et d'imaginaire, une valeur incroyablement positive à tout ce qui passe pour un progrès.
Bien sûr, c'est un cliché, un présupposé. Mais quiconque ose, dans un moment d'égarement, hasarder que nous pouvons aussi régresser sur certains sujets se voit rétorquer la blagounette inoubliable des Guignols : "C'était mieux âvaaant".

... Sans que rien ne permette d'affirmer, a priori, qu'au contraire "ce sera mieux aprèèèès".
Bref. Pour Marouby, le mythologie du progrès, essentiellement occidentale, a des bases anthropologiques : il a fallu le choc de la découverte du Nouveau Monde pour permettre l'élaboration d'une sorte de patron d'évolution à plusieurs étapes temporelles.
La plupart du temps, et notamment chez Adam Smith, le patron est celui-là :
1) Le stade des chasseurs (éventuellement aussi cueilleurs),
2) Le stade des pasteurs, de l'élevage,
3) Le stade des cultures végétales,
4) Le commerce, l'industrie.
Quand on suit le scénario, la satisfaction de l'intérêt des individu va croissante - le rêve, pour un Adam Smith...
Ce patron et ses déclinaisons, nous les trouvons dans toutes les idéologies modernes, en plus bien sûr de les trouver dans "l'esprit Canal" des Guignols - ce qui n'est pas une référence très érudite.
Il y a le marxisme, bien sûr. Mais les féministes admettent couramment que l'oppression masculine a duré des millénaires (stade 1), avant l'accès des femmes aux travaux manuels salariés, généralement situé pendant la Première Guerre Mondiale (stade 2) puis l'accès aux métiers du tertiaire, et des postes de cadres, présenté souvent comme le grand moment de l'épopée des femmes (stade 3) ; à terme, la science-fiction imaginerait l'affranchissement total des contraintes du sexe, à commencer par la maternité (cf. Corinne Maier, Elisabeth Badinter,...) (stade 4 ?).
Vive le progrès. Bien qu'il soit difficile de découper le livre de Marouby "L'économie de la nature", en partie à cause de sa lenteur et sa prudence dans les développements (putain d'anglo-saxons, toujours des handicapés du lyrisme), ce passage-là, introduit par une citation de Smith, n'est pas mal :
"Les troupeaux sont donc la première ressource vers laquelle les hommes se tourneraient quand ils éprouveraient de la difficulté à subsister par la chasse (...) Mais quand une société deviendrait trop nombreuse, ils éprouveraient de la difficulté à subvenir à leurs besoins grâce à leur troupeaux (...)" (Adam Smith)
[Marouby poursuit]
Et ainsi de suite (...)
Spectaculaire précipitation de l'histoire, propulsée depuis l'origine vers de nouveaux modes de subsistance et d'échange, mais dans laquelle, c'est le point pour nous le plus important, chacun des stades, aussi distinct, aussi productif soit-il par rapport aux précédents hérite de la logique du manque (...).
D'autant plus "naturellement", faut-il ajouter, qu'un certain glissement doit encore être observé dans la description smithienne du passage entre le premier et le deuxième stade. Ou plutôt une confusion qui va se révéler cruciale (...).
Lors de la transition entre l'état de nature et le stade des chasseurs, en effet, il était question d'improvment, d'amélioration des conditions naturelles, un terme qui fait écho à l'expression si souvent employée par Smith d' "améliorer (better) notre condition". Quand Smith introduit, pour motiver le passage au deuxième stade, puis au troisième, le "nombre" de la population qui "se multiplie", il s'agit bien évidemment d'un accroissement numérique, quantitatif. Mais déjà, quand il insistait sur l'insuffisance des ressources inhérente au stade des chasseurs, il était question de quantité, et pas seulement de la qualité de leur vie. Ainsi observe-t-on depuis le début un glissement implicite du qualitatif au quantitatif, de l'amélioration à l'accroissement. Confusion , ou amalgame entre qualité et quantité qui se retrouve partout dans l'oeuvre d'Adam Smith, et qui, bien sûr - c'est pour cela qu'il faut le souligner - facilite encore le passage, la continuité, entre l'anthropologie et l'économie (...).
Ce glissement du qualitatif au quantitatif (est) lourd de conséquences. La plus importante, non seulement pour la pensée économique mais pour l'histoire des idées et des mentalités, en est que dès lors, le progrès sera toujours conçu sur le mode de la croissance.
Assimilation (...) entre le mieux et le plus, qui (...) aurait semblé impensable, du moins profondément erronée sur le plan de la logique - voire moralement scandaleuse - pour toute la pensée de l'âge classique (...).
(Christian Marouby, L'Economie de la Nature)
Pour mesurer la légèreté de nos certitudes progressistes, il faut en effet se rappeler qu'elles sont loin d'être partagées ou d'avoir été toujours à la mode. Pour les Grecs, la vision du monde n'était pas tant structurée dans le temps que dans l'espace, de cette manière :
1) Les Grecs au milieu
2) Les plus-ou-moins-Grecs ; Thraces, Macédoniens, Epirotes,...
2) Les Barbares tout autour
Seul concession me semble-t-il, les Egyptiens, une civilisation étrangère mais néanmoins très estimée des Grecs, probablement parce qu'elle leurs était antérieure. Platon se réfère à des sources égyptiennes quand il évoque l'Atlantide, par exemple. En revanche, la perception par les Grecs de l'histoire du monde ne porte pas de trace d'une obsession du progrès ; pour commencer, ils s'accommodaient très bien, comme dans toutes les civilisations antiques, du fait que les mythes des origines soient spécifiques à chaque peuple. Pas d'histoire universelle, donc, pas de généralisation d'un modèle progressiste. Par ailleurs, les Grecs étaient volontiers portés vers des conceptions basées sur le déclin ; on le perçoit dès l'Illiade d'Homère, avant que ne soit théorisé par Hésiode la décadence de l' "âge d'or", en âges d'argent, de bronze, des héros (celui de la guerre de Troie), puis du fer (l'âge contemporain d'Hésiode).
Il faut se rappeler aussi que les certitudes progressistes n'auront qu'un temps ; le monde étant limité, le "progrès" le sera aussi. Mais bon, wait & see.
Un stubiste (fuchsi
Toujours impliqués dans la vie intellectuelle de Montpellier, où l'on trouve un petit public d'universitaires, J.-C. Michéa et Sauramps avaient invité la semaine passé un auteur méconnu en France, Christian Marouby. Méconnu, mais étonnamment en harmonie avec ce qui peut s'écrire dans les différents champs disciplinaires sus-mentionnés pour ce qui concerne les problèmes modernes.
Le gonze Marouby vient des Etats-Unis et de l'anthropologie ; une discipline qui ne s'interdit, il me semble, pas beaucoup de questions liées à l'Homme. Justement, il s'agissait ce soir là d'Histoire, et de relecture d'Adam Smith, philosophe, économiste, un des père fondateurs du libéralisme et donc de l'occident moderne et... anthropologue.
En particulier, Marouby essayait de retracer la construction du mythe moderne du progrès ; il est assez trivial que, excepté en science on l'on préfère la formulation neutre d'"évolution" (changement), nous préférons généralement interpréter d'une chaîne d'évènements passés, avec un sens et une direction : le Progrès (yeah).
C'est à dire qu'en dehors de domaines préservés par l'obligation de neutralité scientifique, et le contact assez froid avec la réalité (car en effet, le progrès ne peut pas se mesurer ou se quantifier dans les systèmes naturels), nous accordons, dès qu'il s'agit plutôt de spéculation et d'imaginaire, une valeur incroyablement positive à tout ce qui passe pour un progrès.
Bien sûr, c'est un cliché, un présupposé. Mais quiconque ose, dans un moment d'égarement, hasarder que nous pouvons aussi régresser sur certains sujets se voit rétorquer la blagounette inoubliable des Guignols : "C'était mieux âvaaant".

... Sans que rien ne permette d'affirmer, a priori, qu'au contraire "ce sera mieux aprèèèès".
Bref. Pour Marouby, le mythologie du progrès, essentiellement occidentale, a des bases anthropologiques : il a fallu le choc de la découverte du Nouveau Monde pour permettre l'élaboration d'une sorte de patron d'évolution à plusieurs étapes temporelles.
La plupart du temps, et notamment chez Adam Smith, le patron est celui-là :
1) Le stade des chasseurs (éventuellement aussi cueilleurs),
2) Le stade des pasteurs, de l'élevage,
3) Le stade des cultures végétales,
4) Le commerce, l'industrie.
Quand on suit le scénario, la satisfaction de l'intérêt des individu va croissante - le rêve, pour un Adam Smith...
Ce patron et ses déclinaisons, nous les trouvons dans toutes les idéologies modernes, en plus bien sûr de les trouver dans "l'esprit Canal" des Guignols - ce qui n'est pas une référence très érudite.
Il y a le marxisme, bien sûr. Mais les féministes admettent couramment que l'oppression masculine a duré des millénaires (stade 1), avant l'accès des femmes aux travaux manuels salariés, généralement situé pendant la Première Guerre Mondiale (stade 2) puis l'accès aux métiers du tertiaire, et des postes de cadres, présenté souvent comme le grand moment de l'épopée des femmes (stade 3) ; à terme, la science-fiction imaginerait l'affranchissement total des contraintes du sexe, à commencer par la maternité (cf. Corinne Maier, Elisabeth Badinter,...) (stade 4 ?).
Vive le progrès. Bien qu'il soit difficile de découper le livre de Marouby "L'économie de la nature", en partie à cause de sa lenteur et sa prudence dans les développements (putain d'anglo-saxons, toujours des handicapés du lyrisme), ce passage-là, introduit par une citation de Smith, n'est pas mal :
"Les troupeaux sont donc la première ressource vers laquelle les hommes se tourneraient quand ils éprouveraient de la difficulté à subsister par la chasse (...) Mais quand une société deviendrait trop nombreuse, ils éprouveraient de la difficulté à subvenir à leurs besoins grâce à leur troupeaux (...)" (Adam Smith)
[Marouby poursuit]
Et ainsi de suite (...)
Spectaculaire précipitation de l'histoire, propulsée depuis l'origine vers de nouveaux modes de subsistance et d'échange, mais dans laquelle, c'est le point pour nous le plus important, chacun des stades, aussi distinct, aussi productif soit-il par rapport aux précédents hérite de la logique du manque (...).
D'autant plus "naturellement", faut-il ajouter, qu'un certain glissement doit encore être observé dans la description smithienne du passage entre le premier et le deuxième stade. Ou plutôt une confusion qui va se révéler cruciale (...).
Lors de la transition entre l'état de nature et le stade des chasseurs, en effet, il était question d'improvment, d'amélioration des conditions naturelles, un terme qui fait écho à l'expression si souvent employée par Smith d' "améliorer (better) notre condition". Quand Smith introduit, pour motiver le passage au deuxième stade, puis au troisième, le "nombre" de la population qui "se multiplie", il s'agit bien évidemment d'un accroissement numérique, quantitatif. Mais déjà, quand il insistait sur l'insuffisance des ressources inhérente au stade des chasseurs, il était question de quantité, et pas seulement de la qualité de leur vie. Ainsi observe-t-on depuis le début un glissement implicite du qualitatif au quantitatif, de l'amélioration à l'accroissement. Confusion , ou amalgame entre qualité et quantité qui se retrouve partout dans l'oeuvre d'Adam Smith, et qui, bien sûr - c'est pour cela qu'il faut le souligner - facilite encore le passage, la continuité, entre l'anthropologie et l'économie (...).
Ce glissement du qualitatif au quantitatif (est) lourd de conséquences. La plus importante, non seulement pour la pensée économique mais pour l'histoire des idées et des mentalités, en est que dès lors, le progrès sera toujours conçu sur le mode de la croissance.
Assimilation (...) entre le mieux et le plus, qui (...) aurait semblé impensable, du moins profondément erronée sur le plan de la logique - voire moralement scandaleuse - pour toute la pensée de l'âge classique (...).
(Christian Marouby, L'Economie de la Nature)
Pour mesurer la légèreté de nos certitudes progressistes, il faut en effet se rappeler qu'elles sont loin d'être partagées ou d'avoir été toujours à la mode. Pour les Grecs, la vision du monde n'était pas tant structurée dans le temps que dans l'espace, de cette manière :
1) Les Grecs au milieu
2) Les plus-ou-moins-Grecs ; Thraces, Macédoniens, Epirotes,...
2) Les Barbares tout autour
Seul concession me semble-t-il, les Egyptiens, une civilisation étrangère mais néanmoins très estimée des Grecs, probablement parce qu'elle leurs était antérieure. Platon se réfère à des sources égyptiennes quand il évoque l'Atlantide, par exemple. En revanche, la perception par les Grecs de l'histoire du monde ne porte pas de trace d'une obsession du progrès ; pour commencer, ils s'accommodaient très bien, comme dans toutes les civilisations antiques, du fait que les mythes des origines soient spécifiques à chaque peuple. Pas d'histoire universelle, donc, pas de généralisation d'un modèle progressiste. Par ailleurs, les Grecs étaient volontiers portés vers des conceptions basées sur le déclin ; on le perçoit dès l'Illiade d'Homère, avant que ne soit théorisé par Hésiode la décadence de l' "âge d'or", en âges d'argent, de bronze, des héros (celui de la guerre de Troie), puis du fer (l'âge contemporain d'Hésiode).
Il faut se rappeler aussi que les certitudes progressistes n'auront qu'un temps ; le monde étant limité, le "progrès" le sera aussi. Mais bon, wait & see.
13.06.10 à 23h28 |
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Mardi 23 mars 2010
Ce type me fait toujours autant pisser de rire. J'imagine que ce sera le tour de Muriel Robin quand je construirai une maison, ou que j'aurai des domestiques difficiles. Ça sera peut être Dieudonné quand il arrêtera de se prendre pour BHL (qui lui même...). Mais pour l'instant, j'achète des pains au chocolat.




23.03.10 à 15h52 |
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Mardi 09 février 2010
- les arabesques rhétoriques de Furlan ;
- le "débat" sur l'identité nationale, globalement tenu pour "nauséabond", dans la mesure où il possible de débattre entre diplômés ès-show business aux muqueuses nasales irritées (exemple parmi mille, l'appel de Pierre Arditi, Josiane Balasko et Jane Birkin) ;
- la dernière boulette de BHL, qui a cité dans son dernier bouquin l'œuvre d'un philosophe, Botul, qui est en fait un canular du journaliste Frédéric Pagès. Plus drôle, peu de gens s'en sont aperçu, soit pour avoir négligé de lire le livre de BHL soit pour être incapable de repérer cette référence "trop belle pour être vraie". Perry Anderson, qui parlait de Lévy dans l'extrait ci-dessous, fait partie de l'arsenal habituel du Monde Diplo ; sans surprise, son nom a resservi dans l'article du Diplo qui a salué la sortie du bouquin douteux de BHL. Par contre, dans le Diplo, pas de commentaire narquois sur Botul. Il est stupéfiant que mêmes des critiques aussi acharnés et prestigieux n'aient pas eux-mêmes levé le lièvre ; est-ce qu'eux non plus ne prennent pas/plus la peine de lire leur cher ennemi ? Mieux encore, il n'y a eu aucune réaction durant ses conférences botuliennes à Normal Sup.
Le rayonnement du pays était aussi culturel. La création de la Vème République coïncida avec un épanouissement d'énergies intellectuelles qui mit la France à part pendant quarante ans. Rétrospectivement, le nombre des œuvres et des idées qui ont connu un retentissement mondial est saisissant. On pourrait soutenir qu'on avait rien vu de tel depuis un siècle. Traditionnellement, la littérature a toujours occupé le sommet du Parnasse culturel français. Juste en dessous se trouve, dans son nimbe, la philosophie, les deux voisinant depuis l'époque de Voltaire et Rousseau jusqu'à celle de Proust et Bergson. A l'échelon suivant, se tiennent les "sciences humaines", l'histoire en tête, la géographie et l'ethnologie la serrant de près, l'économie d'un peu plus loin.
Sous la Vème République, cette hiérarchie traditionnelle subit de notables changements. Sartre refusa le prix Nobel de littérature en 1964 ; après lui, aucun autre écrivain français n'atteignit jamais le même degré d'influence dans son pays ou à l'étranger. Le Nouveau Roman resta un épiphénomène plus circonscrit, loin de faire l'unanimité en France et encore moins à l'étranger. Les lettres, au sens classique du terme, perdirent leur suprématie dans la culture en général. A leur place, on célébra, devant l'autel de la littérature, un mariage exotique entre pensée sociale et philosophie. Ce sont les fruits de cette union qui donnèrent à la décennie durant laquelle De Gaulle fut au pouvoir son intensité et son éclat particuliers. Ce fut pendant ces années-là que Lévi-Strauss devint le plus célère anthropologue du monde ; que Braudel fut consacré comme l'historien le plus influent ; que Barthès acquit le statut de critique littéraire le plus original ; que Lacan commença à établir sa réputation de mage de la psychanalyse ; que Derrida devint le philosophe antinomique de son temps ; que Bourdieu développa les concepts qui allaient faire de lui le sociologue le plus connu. Ce concentré d'idées est étonnant.
[...]
Il ne semble du coup pas tellement surprenant que, l'année suivante [en 1968], une fièvre révolutionnaire se soit emparée de la société elle-même.
[...]
Pour comprendre ce phénomène, il faut avoir présent à l'esprit le rôle formateur que joua la rhétorique, via la dissertation, aux niveaux supérieurs du système éducatif français par lesquels ces penseurs - pratiquement tous khagneux ou normaliens - sont passés.
[...]
C'est cette caractéristique de la culture française d'alors qui, à l'étranger, a si souvent polarisé des réactions balançant entre adulation et méfiance. La rhétorique est conçue pour envoûter, et un culte s'établit facilement chez ceux qui y succombent.
[...]
On pourrait faire observer que la pression économique et la corrosion politique laissent intactes les valeurs essentielles de la France, telles qu'elle-même et le reste du monde les conçoivent. Aucune nation, après tout, n'a aussi ouvertement fondé son identité sur sa culture, la notion étant aussi comprise au sens le plus large. Mais ici encore, autant et sinon plus qu'en ce qui concerne l'économie et la politique, le tableau pris dans son ensemble est consternant : pour beaucoup, il s'agit même d'une véritable "dégringolade".
[On] a le sentiment que le "toc", l'abêtissement, ainsi que la confusion des choses intellectuelles avec une politique et un argent corrupteur envahissent tout.
[...]
Le monde des idées va à peine mieux.
[...]
Mais si l'on continue à produire ça et là des œuvres d'une qualité incontestable, l'état général de la vie intellectuel est suggéré par l'importance étrange accordée à Bernard-Henri Lévy, de loin le "penseur" de moins de soixante-dix ans le plus connu du pays. Il serait difficile d'imaginer une inversion plus radicales des normes nationales en matière de goût et d'intelligence que l'attention accordée par la sphère publique en France à ce grand nigaud, en dépit des preuves innombrables de son incapacité à saisir correctement un fait ou une idée. Une telle caricature pourrait-elle exister dans une autre grande culture occidentale aujourd'hui ?
Perry Anderson, La pensée tiède, 2005
09.02.10 à 02h29 |
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Mardi 15 septembre 2009
[video=dailymotion]
Disiz La peste vs Zemmour Naulleau 1 [ITV] Onpc 120909
envoyé par peanutsie. - Regardez d'autres vidéos de musique.[/video]
[video=dailymotion]
Disiz La peste vs Zemmour Naulleau 2 [ITV] Onpc 120909
envoyé par peanutsie. - Regardez d'autres vidéos de musique.[/video]
Un petit débat (c'est toujours trop court) entre Zemmour, dont c'est la rentrée, et Disiz la Peste.
Zemmour est une sorte de brontosaure politique antérieur aux années 80, le moment où il a commencé à devenir un simple spectateur. Face à lui, il a ce qu'il appelle "la bien-pensance" et le "politiquement correct", des termes qui le protègent en maintenant le flou sur sa propre identité. Mais qui limitent aussi (inconsciemment ?) que le débat progresse.
La deuxième vidéo tourne autour de l'anecdote de Disiz (ses mauvaises expériences de métis à la Sogénal, BNP, etc). On remarque plusieurs choses :
- Pour Zemmour, cette histoire raciste est l'exception : "vous ne pouvez pas tirer de conclusion sur un pays à partir du comportement de quelques individus". Pour Machin Bacille, c'est le racisme qui est la généralité ("le système"). Autrement dit, pour Z., le bien est une chose banale, y compris en France : pour Disiz, le bien est une chose exceptionnelle, qui sert de matière unique à un livre entier. Par conséquent, le livre ulcère Zemmour, qui préfère "ceux qui ressemblent à la vie" comme il le dit souvent, c'est à dire où le bien et le mal sont tous deux mêlés dans un jeu complexe.
- Benchetrit, assis à droite de Naulleau, tient exactement le même propos que Disiz plus tôt dans l'émission, dans la mesure où son propre livre parle d'un enfant (de banlieue) extraordinairement. Là encore, ce qui l'intéresse, c'est le bien (mais aussi le beau et le bon) en tant qu'exceptions. Benchetrit dit d'ailleurs explicitement combien ce genre de livre est vital dans un monde devenu laid et mauvais (je reviens plus loin sur cette déclinologie propre à la gauche).
- Disiz et Benchetrit établissent donc une généralité (le racisme fondamental du "système") sur des anecdotes : le monde en général, pour eux, c'est une collection d'individus. De son côté, Zemmour émet l'hypothèse que l'être humain, les nations, sont capables aussi de choses grandioses et tente de le vérifier par des anecdotes les plus signifiantes possibles (donc historiques). Le monde pour lui, c'est une grande théorie.
- Les premiers commettent des (auto)biographies, le second des "romans-monde".
- Les premiers écrivent parfois mal, parfois bien mais n'en ont cure du moment qu'ils parlent d'un individu ; le second voudrait le style des plus grands - et écrit comme un journaliste.
En fait, contrairement à ce que laisse supposer un examen rapide, Zemmour est donc des trois le plus optimiste et plus confiant dans la nature humaine - et la nation française. Zemmour est ce qu'on appelle un républicain, un vrai, à la romaine, qui admet la faiblesse humaine mais estime aussi que la vie collective peut être organisée simplement en séparant le public - où les comportements obéissent à des règles morales - et le privé - où s'ébattent les passions, même les moins avouables. Le monde de Zemmour est celui d'une morale limitée mais fondamentale, un monde inégalitaire ou chacun à sa place mais où un menuisier ne sera jamais chef d'orchestre, et réciproquement. On retrouve donc chez lui le goût pour le sublime en littérature, qui n'est pas exclusif de la méchanceté ou de la salacité, etc...
Pour Disiz/Benchetrit, l'homme est foncièrement corrompu et violent quoi qu'on fasse. Sans cesse, ils renverront à Zemmour qu'il est un salaud, un raciste, etc... quand celui-ci s'épuise à protester de ses bons côtés. Pour un Disiz/Benchetrit, la possibilité d'une morale universelle est une illusion. La seule limite pour protéger l'individu est celle de l'égalité - on imagine très bien Disiz militer pour des droits divers et variés, notamment à l'accès garanti des métis sénégalais aux comptes en banque. Militer, et s'en satisfaire, croyant avoir amélioré le "système". Ces deux-là, Disiz la Peste et Benchetrit sont donc les pendants idéologiques des libéraux de type UMP, qui, partant eux aussi d'une vision sombre du monde, et s'emploie à libérer de toutes les passions individuelles - et évidemment, pour ces libéraux en costard c'est essentiellement l'expansion de l'entreprise privée dont il s'agit. Bien sûr, Zemmour lui voit dans cette libération la fin de tout effort de dépassement de l'individu dans le sublime, c'est à dire aussi bien le style en littérature, l'humour (il reproche souvent à ses interlocuteurs de ne pas être drôles), et l'excellence morale en public.
Revenons sur Benchetrit en particulier. Par rapport à Disiz, il représente les classes moyennes. On le voit à sa confiance absolue dans l'école, qui dysfonctionnerait uniquement faute d'argent (Disiz est lui bien plus flou sur l'ascension sociale quand il parle de "manque de modèles"). Obsédé par l'école dite républicaine, B. est-il encore républicain comme Zemmour ? Bien sûr que non. Cette option républicaine, qui correspond parfois à un passé doré (i.e., l'école de sa jeunesse) est repoussée à un avenir où les euros pleuvront sur l'école, et nul ne sait dans quelle mesure. Non seulement c'est un pessimiste, mais c'est un déclinologue. Et le recul moral observé depuis l'âge d'or républicain est souvent reproché aux patrons, ou l'homme politique UMP, Sarkozy en tête. D'ici l'avènement de ce nouvel âge d'or, auquel il ne croit guère au fond - son militantisme désordonné et surjoué le prouve - il s'occupera tout entier à ce que la société progresse depuis sa fange. C'est à dire, qu'elle légifère pour adoucir le monde affreux que Benchetrit voit autour de lui. Bref, B. se régale du ping-pong sans fin entre liberté et égalité (les lois) caractéristique du monde libéral. On le comprend d'ailleurs brièvement quand il insiste sur l'aspect essentiellement ludique du bouquin de Disiz - tout cela est un jeu, au fond. Je parie qu'il reconnaîtrait même être un grand enfant, si on le poussait dans ses retranchements.
Les rappeurs et les Benchetrit ont une qualité énorme comparés aux authentiques penseurs libéraux et modernes : ils sont sincères, et leur capacité de manipulation ne va pas très loin. C'est finalement dans cet espace minuscule, entre un républicain mort-vivant et des braves gars qui s'agitent dans leur imaginaire libéral, que les choses sont les plus évidentes. On devine en revanche qu'avec le repoussant Yann Moix, il ne se passera rien.
Disiz La peste vs Zemmour Naulleau 1 [ITV] Onpc 120909
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[video=dailymotion]
Disiz La peste vs Zemmour Naulleau 2 [ITV] Onpc 120909
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Un petit débat (c'est toujours trop court) entre Zemmour, dont c'est la rentrée, et Disiz la Peste.
Zemmour est une sorte de brontosaure politique antérieur aux années 80, le moment où il a commencé à devenir un simple spectateur. Face à lui, il a ce qu'il appelle "la bien-pensance" et le "politiquement correct", des termes qui le protègent en maintenant le flou sur sa propre identité. Mais qui limitent aussi (inconsciemment ?) que le débat progresse.
La deuxième vidéo tourne autour de l'anecdote de Disiz (ses mauvaises expériences de métis à la Sogénal, BNP, etc). On remarque plusieurs choses :
- Pour Zemmour, cette histoire raciste est l'exception : "vous ne pouvez pas tirer de conclusion sur un pays à partir du comportement de quelques individus". Pour Machin Bacille, c'est le racisme qui est la généralité ("le système"). Autrement dit, pour Z., le bien est une chose banale, y compris en France : pour Disiz, le bien est une chose exceptionnelle, qui sert de matière unique à un livre entier. Par conséquent, le livre ulcère Zemmour, qui préfère "ceux qui ressemblent à la vie" comme il le dit souvent, c'est à dire où le bien et le mal sont tous deux mêlés dans un jeu complexe.
- Benchetrit, assis à droite de Naulleau, tient exactement le même propos que Disiz plus tôt dans l'émission, dans la mesure où son propre livre parle d'un enfant (de banlieue) extraordinairement. Là encore, ce qui l'intéresse, c'est le bien (mais aussi le beau et le bon) en tant qu'exceptions. Benchetrit dit d'ailleurs explicitement combien ce genre de livre est vital dans un monde devenu laid et mauvais (je reviens plus loin sur cette déclinologie propre à la gauche).
- Disiz et Benchetrit établissent donc une généralité (le racisme fondamental du "système") sur des anecdotes : le monde en général, pour eux, c'est une collection d'individus. De son côté, Zemmour émet l'hypothèse que l'être humain, les nations, sont capables aussi de choses grandioses et tente de le vérifier par des anecdotes les plus signifiantes possibles (donc historiques). Le monde pour lui, c'est une grande théorie.
- Les premiers commettent des (auto)biographies, le second des "romans-monde".
- Les premiers écrivent parfois mal, parfois bien mais n'en ont cure du moment qu'ils parlent d'un individu ; le second voudrait le style des plus grands - et écrit comme un journaliste.
En fait, contrairement à ce que laisse supposer un examen rapide, Zemmour est donc des trois le plus optimiste et plus confiant dans la nature humaine - et la nation française. Zemmour est ce qu'on appelle un républicain, un vrai, à la romaine, qui admet la faiblesse humaine mais estime aussi que la vie collective peut être organisée simplement en séparant le public - où les comportements obéissent à des règles morales - et le privé - où s'ébattent les passions, même les moins avouables. Le monde de Zemmour est celui d'une morale limitée mais fondamentale, un monde inégalitaire ou chacun à sa place mais où un menuisier ne sera jamais chef d'orchestre, et réciproquement. On retrouve donc chez lui le goût pour le sublime en littérature, qui n'est pas exclusif de la méchanceté ou de la salacité, etc...
Pour Disiz/Benchetrit, l'homme est foncièrement corrompu et violent quoi qu'on fasse. Sans cesse, ils renverront à Zemmour qu'il est un salaud, un raciste, etc... quand celui-ci s'épuise à protester de ses bons côtés. Pour un Disiz/Benchetrit, la possibilité d'une morale universelle est une illusion. La seule limite pour protéger l'individu est celle de l'égalité - on imagine très bien Disiz militer pour des droits divers et variés, notamment à l'accès garanti des métis sénégalais aux comptes en banque. Militer, et s'en satisfaire, croyant avoir amélioré le "système". Ces deux-là, Disiz la Peste et Benchetrit sont donc les pendants idéologiques des libéraux de type UMP, qui, partant eux aussi d'une vision sombre du monde, et s'emploie à libérer de toutes les passions individuelles - et évidemment, pour ces libéraux en costard c'est essentiellement l'expansion de l'entreprise privée dont il s'agit. Bien sûr, Zemmour lui voit dans cette libération la fin de tout effort de dépassement de l'individu dans le sublime, c'est à dire aussi bien le style en littérature, l'humour (il reproche souvent à ses interlocuteurs de ne pas être drôles), et l'excellence morale en public.
Revenons sur Benchetrit en particulier. Par rapport à Disiz, il représente les classes moyennes. On le voit à sa confiance absolue dans l'école, qui dysfonctionnerait uniquement faute d'argent (Disiz est lui bien plus flou sur l'ascension sociale quand il parle de "manque de modèles"). Obsédé par l'école dite républicaine, B. est-il encore républicain comme Zemmour ? Bien sûr que non. Cette option républicaine, qui correspond parfois à un passé doré (i.e., l'école de sa jeunesse) est repoussée à un avenir où les euros pleuvront sur l'école, et nul ne sait dans quelle mesure. Non seulement c'est un pessimiste, mais c'est un déclinologue. Et le recul moral observé depuis l'âge d'or républicain est souvent reproché aux patrons, ou l'homme politique UMP, Sarkozy en tête. D'ici l'avènement de ce nouvel âge d'or, auquel il ne croit guère au fond - son militantisme désordonné et surjoué le prouve - il s'occupera tout entier à ce que la société progresse depuis sa fange. C'est à dire, qu'elle légifère pour adoucir le monde affreux que Benchetrit voit autour de lui. Bref, B. se régale du ping-pong sans fin entre liberté et égalité (les lois) caractéristique du monde libéral. On le comprend d'ailleurs brièvement quand il insiste sur l'aspect essentiellement ludique du bouquin de Disiz - tout cela est un jeu, au fond. Je parie qu'il reconnaîtrait même être un grand enfant, si on le poussait dans ses retranchements.
Les rappeurs et les Benchetrit ont une qualité énorme comparés aux authentiques penseurs libéraux et modernes : ils sont sincères, et leur capacité de manipulation ne va pas très loin. C'est finalement dans cet espace minuscule, entre un républicain mort-vivant et des braves gars qui s'agitent dans leur imaginaire libéral, que les choses sont les plus évidentes. On devine en revanche qu'avec le repoussant Yann Moix, il ne se passera rien.
15.09.09 à 18h58 |
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Dimanche 09 août 2009
Une chanson pour gifler la nostalgie en pleine gueule.
Ginestet, Gress, Furlan, Specht: douze balles, et droit au cœur soldats!
--- Le lien pour les non-sourds ---
Madame Nostalgie
Depuis le temps que tu radotes
Et que tu vas de porte en porte
Répandre ta mélancolie
Madame Nostalgie
Avec tes yeux noyés de brume
Et tes rancœurs et tes rancunes
Et tes douceâtres litanies
Madame Nostalgie
Tu causes, tu causes, tu causes, tu causes
De la fragilité des roses
Je n'entends plus ce que tu dis
Madame Nostalgie
Depuis le temps que tu m'accables
J'ai envie d'envoyer au diable
Ton mal d'amour si mal guéri
Madame Nostalgie
Tu pleures sur un nom de ville
Et tu confonds, pauvre imbécile
L'amour et la géographie
Madame Nostalgie
Tu rêves, tu rêves, tu rêves, tu rêves
Mais tes arbres n'ont plus de sève
Et tes branches n'ont plus de fruits
Madame Nostalgie
Pardonne-moi si j'en ai marre
De tes dentelles grises et noires
Il fait trop triste par ici
Madame Nostalgie
Je veux entendre des orages
Respirer des jardins sauvages
Voir le soleil et la pluie
Madame Nostalgie
Tu pleures, tu pleures, tu pleures, tu pleures
Mais ce soir je n'ai plus le cœur
De partager tes insomnies
Madame j'ai envie
Ce soir d'être infidèle
Dans les bras d'une belle
Qui ressemble à la vie
(de Moustaki, chanté par l'idole de fidelio
Serge Reggiani)
Ginestet, Gress, Furlan, Specht: douze balles, et droit au cœur soldats!
--- Le lien pour les non-sourds ---
Madame Nostalgie
Depuis le temps que tu radotes
Et que tu vas de porte en porte
Répandre ta mélancolie
Madame Nostalgie
Avec tes yeux noyés de brume
Et tes rancœurs et tes rancunes
Et tes douceâtres litanies
Madame Nostalgie
Tu causes, tu causes, tu causes, tu causes
De la fragilité des roses
Je n'entends plus ce que tu dis
Madame Nostalgie
Depuis le temps que tu m'accables
J'ai envie d'envoyer au diable
Ton mal d'amour si mal guéri
Madame Nostalgie
Tu pleures sur un nom de ville
Et tu confonds, pauvre imbécile
L'amour et la géographie
Madame Nostalgie
Tu rêves, tu rêves, tu rêves, tu rêves
Mais tes arbres n'ont plus de sève
Et tes branches n'ont plus de fruits
Madame Nostalgie
Pardonne-moi si j'en ai marre
De tes dentelles grises et noires
Il fait trop triste par ici
Madame Nostalgie
Je veux entendre des orages
Respirer des jardins sauvages
Voir le soleil et la pluie
Madame Nostalgie
Tu pleures, tu pleures, tu pleures, tu pleures
Mais ce soir je n'ai plus le cœur
De partager tes insomnies
Madame j'ai envie
Ce soir d'être infidèle
Dans les bras d'une belle
Qui ressemble à la vie
(de Moustaki, chanté par l'idole de fidelio
09.08.09 à 17h27 |
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