zottel
14821
19.09.2005 - 07h47
(stubiste n°2018)
18.03.2010 - 09h48
Bretzels
Inscription

Dern. connexion
Ville

Humeur
Profession
Statut marital
Présentation
Le club unique..les miracles de Vencel, la victoire contre le FC Nantes de 1995, contre l'Inter de Ronaldo...les fous rires aussi, avec les joueurs improbables, Chilavert, Rott ("le Hitchcok du Foot", ©Schlapsheim), Gohel..Unique j'vous dis ! Gagnera un jour la LDC contre Lyon et Chelsea (tout en luttant pour le maintien). ALLEZ RACING !
Rubriques
Aide
Calendrier
Aide« Mars 2010 »
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31 ----
Amis stubistes
AideMconan
Mfilipe
Mflashguy
Mfredstrbg
Mfuchsi
Miuliu68
Mkibitz
Mknacki
Mmagellan
Mmanwithnoname
Mmarc
Mpaul
Mpierre
Mpipo
Fplaylikebeckham
Mredaction
Msebi
Mstrasbourgfan
Mthelak

Samedi 14 février 2009

Dans des billets précédents, je m'interrogeais comme un grand sur ce que l'amoralisme politique moderne - cher à Charlie Hebdo - contient de contradictions avec les déterminismes biologiques ou anthropologiques, quels sont ses rapports à la loi (voir Orange mécanique pour une présentation plus ludique) et avec les surgeons moralisateurs qu'il suscite (antiracisme, notamment).
Ce faisant, si l'amoralisme contient tout ça de germes malfaisants, il faut bien reporter sur son adversaire l'Eglise la possibilité d'assurer la vie collective - ce que suggère à demi-mot le fonctionnaire qui pense Emmanuel Todd. Ce qui me gène quand même un peu, pas parce que je trouve de bon goût de faire "croâ croâ" en voyant Mère Theresa (comme disait Desproges), mais attendu que:

1) Je ne suis pas croyant évidemment. D'ailleurs, je doute d'avoir jamais croisé de véritable croyant, même si j'imagine qu'il existe des Coeur(s) Simple(s) comme dans la nouvelle de Flaubert.

2) Quand bien même: je n'ai jamais clairement compris le rapport entre foi et morale chrétienne. Vivre comme dans les évangiles, ça permettrait certes de faire des économies de pain, mais ne correspond pas à l'ensemble touffu des comportements préconisés par la morale chrétienne. Faut-il absolument croire pour simplement être moral ?

3) Faut il liquider la liberté ? On s'y attache quand même un peu. Et puis, étrange moralité que celle d'individus dont la liberté et donc le vice sont tenus en laisse - il y a aussi là, de toute évidence, contradiction avec les déterminismes biologiques.

Il y a donc une difficulté. Même si ils sont insupportables aujourd'hui, ceux de la génération de nos parents qui ont voulu "déconstruire" la morale chrétienne partaient certainement d'une intuition aigüe de son caractère oppressif.

http://pecky.free.fr/blog/images/nawak/charlie%20hebdo%20mahomet.jpg

Intuition qu'on ne peut sans doute pas complètement balayer du revers de la main - ce que fait au demeurant la réaction issue de notre génération matérialiste et non-croyante, mais attachée parfois aux fonctions sociales de l'Eglise (enfin, c'est surtout dans le coin de Versailles-XVIème tout ça).

Je cherchais un livre. J'ai sauvé La subversion du christiannisme, paru en 1984, de Jacques Ellul (1912-1994), livre qui n'avait plus été emprunté depuis 1992 à la BU de Montpellier. Je le connaissais un petit peu comme lecteur rigoureux de Marx, je le découvre croyant comme pas deux.

Sa thèse est que la révélation contenue dans la bible est libératrice, et est donc contradictoire avec le principe de morale. C'est en fait un message - on parle là du christianisme originel - réservée à une élite capable de vivre réellement le "Bien en Christ". Et de citer la parole amorale de Saint Paul: "Aime et fais ce que tu veux". Car en réalité, c'est la foi qui garantit que l'on est bon, nul homme ne pouvant connaître et énoncer ce qui est bon (seul Dieu le sait). Ce message-là a détruit le culte civil des déités romaines: notamment en supprimant l'intercession des prêtres, en niant le sens du sacré (ce fut la lutte sévère contre l'idolâtrie). Mais la généralisation d'une liberté aussi sublime menaçait la vie collective. Elle a donc été rejetée dans la sphère des saints, le commun des mortels étant voués à une morale austère: c'est à dire que rapidement, le christianisme a absorbé et restauré le goût du droit des romains, et s'est se transformé en l'Eglise romaine que l'on connaît.
Historiquement, on passe donc d'un monde de morale civile (la république romaine), à un monde amoral (l'Empire des débuts du christiannisme), puis à un retour de la morale sous la forme chrétienne tardive, elle même abattue au siècle des Lumières au profit d'un nouveau monde amoral (c'est à dire celui du droit "neutre moralement"), de plus en plus torturé par les idées morales (féminisme, anti-racisme). Et tout cela, toujours pour résoudre le conflit impossible qu'il se créé entre des individus libres - la solution moderne étant "la liberté s'arrête là où celle d'autrui", dont on s'aperçoit tous les jours combien elle favorise l'élévation morale du genre humain et le progrès de la vie collective ("ho hé je fais ce que je veux", "on est en démocratie", "d'où tu me juges", "et alors c'est légal", etc...).

En résumé, ce n'est pas très réjouissant: si la morale (échaffaudage de l'Eglise tardive) et l'amoralisme (amoralisme de Jésus, mais aussi de notre monde libéral(*) ) sont tous deux des échecs historiques et des sources de dévoiements infinis (respectivement, l'Inquisition et l'enfer d'Orange Mécanique / 1984), la vie est vraiment tragique. Heureusement qu'elle est courte et que le Racing gagne sans arrêt. Mais enfin voici, pour le goût de l'histoire, ce que raconte Jacques Ellul. Il parle d'une société romaine historiquement imprégnée de droit et de valeurs civiles, donc prédisposée à la judiciarisation, dans laquelle explose la liberté chrétienne.

(* il ne faut pas s'étonner que les Evangiles apocryphes et la "vie privée" de Jésus passionnent aujourd'hui à 2000 ans d'intervalle, comme dans le Da Vinci Code)

Ainsi, il n'y a pas de "morale chrétienne", la foi est antimorale, mais la survivance de Jésus-Christ implique une série de conséquences dans la vie pratique: vivre selon l'amour de Dieu et la foi dans sa parole, cela n'est en rien compatible avec ses vices et ces dérèglements. L'essentiel est qu'il s'agit de conséquences de la vie en Christ, et non pas de commandements d'une morale extrinsèque.
[...]
Il faut constater que l'influence de la corruption orientale [la diffusion du christianisme originel] sur l'Empire romain va s'effectuer dès le Ier siècle avant Jésus Christ. Et il ne faut pas croire que ce sont seulement les catégories riches qui sombrent dans une immoralité totale. Les classes inférieures aussi, par l'intermédiaire des esclaves. Les lamentations de Caton, les jugements sévères de Pline ou de Tacite ne sont pas le fait d'esprits chagrins, mais le reflet de la généralité des mœurs. Cruautés diverses envers les esclaves, gaspillages fabuleux d'argent et de biens divers, corruption politique, escroqueries, polygamie, concubinage avec les esclaves, multiplication foudroyante des divorces par "consentement mutuel" (la femme ayant aussi le pouvoir de répudier son mari), prostitution généralisée, homosexualité, pédophilie dont Suétone nous montre qu'elle était poussée à un degré assez inouï... On peut tout accumuler: tout y était dans ce monde romain; malgré la violente répression faite par Octave Auguste, il n'y aura pas de répression de l'immoralité, qui explose de plus belle, après la fin d'Auguste.

Il faut néanmoins prendre conscience de ce que cette immoralité se développait dans cette société du droit et de l'ordre, à l'intérieur, c'est à dire sans entraîner de graves désordres, un climat d'insécurité, de troubles, etc. C'était effectivement une société bien gérée, tournant bien. Le vice était plutôt l'attrait d'un piment supplémentaire, comme les jeux du cirque pour le peuple.Il est quand même compréhensible que les chrétiens des premières générations aient été révoltés par ces mœurs dans la mesure même où ils lisaient
la Bible hébraïque avec sérieux (ceux-ci se recrutaient le plus souvent chez les Juifs - notamment la diaspora - 7% de la population totale de l'Empire) et où ils recevaient l'Évangile de Jésus comme un modèle. C'est pourquoi déjà chez Paul comme chez "Jacques" ou dans l'Apocalypse, nous rencontrons déjà des condamnations fulminantes contre ces mœurs, car elles étaient si "naturelles" que les Chrétiens aussi les pratiquaient, comme le montre le début de l'Epître aux Romains ou la Ière aux Corinthiens.
[...]
Dés le IIème siècle, les conducteurs d'Eglise commencent à s'attacher avant tout à la conduite morale. Elle devient le critère de tout le reste. Il se constitue alors une morale chrétienne opposée à celle du monde, mais que bien des Chrétiens chercheront à appliquer à tous.
[...]
On va par exemple élaborer l'idée d'une morale naturelle conforme à la Nature et serait au mieux exprimée dans la Loi de Dieu (on voit que les fondements biologiques sont toujours les premiers à se rappeler au souvenir d'une belle idée. D'où la supériorité évidente du biologiste sur le commun des mortels).
[...]
La seconde grande phase de triomphe de la morale de l'Église et dans le christianisme se situe quand il y a une nouvelle vague d'immoralité qui submerge tout avec les "invasions" germaniques.[...] Ce qui est remarquable, c'est que ces "barbares" étaient fort honnêtes, avant la mise en mouvement. Tout change quand il y a invasion, installation dans un pays étranger, en vainqueur, et lorsque toutes les bases des deux groupes sociaux sont en réalité ébranlées. L'Empire connaissait une autre forme d'immoralité qui se développait au IVème siècle, à savoir surtout la malhonnêteté généralisée, la fraude, l'escroquerie, la concussion des innombrables fonctionnaires. Les Barbares arrivent avec leur violence, la spoliation des propriétés, leur sans-gène total, ils s'installent, prennent ce qui leur plaît, se font nourrir par les habitants et établissent leurs habitudes par la contrainte. Il est évident que ce rapport de forces et ces vols étaient favorables à une nouvelle vague d'immoralité.
[...]
Si nous croyons (et nous le pouvons !) les témoins de cette époque (Grégoire de Tours par exemple), on vit à ce moment une époque incroyable de violence d'incendies, de destruction sauvage des biens, de vols, de meurtres; la vie d'un homme ne vaut rien. Toutes les formes d'assassinat sont bonnes, dans tous les milieux de la société. Le vol le plus direct, le plus simple, devient pratique courante.
[...]
L'immoralité n'est donc plus la même que pendant l'époque romaine: maintenant le caractère essentiel est la violence (mais avec, au point de vue sexuel, ce que cela comportait comme rapts, viols, polygamie, soumission abjecte au plus faible, en l'occurrence la femme) et ceci se situe non plus dans un monde ordonné, mais au contraire sans lois.
[...]
Dans cette urgence, dans ce désastre social et moral (dont nous n'avons aucune idée, nous qui nous plaignons de la la violence et de l'insécurité dans notre société!), elle a beaucoup plus travaillé à l'établissement d'une morale commune acceptable qu'à la conversion vraie, de cœur, fondamentale, à l'Évangile.
[...]
Enfin la troisième vague d'immoralité à laquelle l'Eglise a eu à faire face (avant la nôtre!) est celle des XIVème-XVème siècle. A nouveau (et c'est l'affreuse période des guerres de religion), c'est la société entière qui est corrompue, mais là aussi de façon nouvelle. Bien sûr, il y a eu la continuation des guerres et violences féodales. Mais c'est alors un curieux mélange entre un monde de violences, de guerres (celle de Cent Ans entre la France et l'Angleterre n'en est qu'un exemple), d'innombrables révoltes infiniment sanglantes [...] a quoi il faut ajouter l'immoralité de la jouissance immédiate de tous les plaisirs, à cause de la menace de mort dont on est conscient.
[...]
C'est une sorte de frénésie de plaisirs. Tout est permis parce qu'on va mourir bientôt (le Décaméron qui se situe à cette époque en est un témoin). Et c'est la recherche bien connue de la jouissance immédiate, sous toutes ses formes y compris les plus vicieuses (Barbe-Bleue est déjà de cette époque), comme réponse à l'imminence de la mort. Dans ce climat se développe aussi avec une rapidité foudroyante la sorcellerie, la magie, les incantations, les évocations des morts, les messes noires, le culte de Lucifer... Bien sûr, je ne dis pas que dans les siècles antérieurs, cela ,n'existait pas, mais c'était tout à fait sporadique, cas individuels, alors qu'à partir du XIVème siècle, c'est une véritable épidémie dans un monde de folie. Et de nouveau l'Église va essayer d'encadrer, de moraliser, d'institutionnaliser. Au lieu de chercher à convertir les adeptes des sorciers au pur Évangile, elle va par exemple utiliser la force, la contrainte et menacer au bûcher, et développer l'Inquisition comme institution permanente.

Alors, en face de cette carence spirituelle de l'Eglise, explosent d'un côté les mystiques, de l'autre les hérésies. Les mystiques dans certains cas sont tout à fait admirables, respectables, dignes d'admiration, mais le plus souvent il son l'expression de transes douteuses, de sexualité "refoulée-débridée". Les hérétiques ? ... Beaucoup d'entre eux, Huss, Wycliff, Savonarole, apparaissent comme des combattants de la vraie foi [...] mais il était trop tard, l'Eglise avait pris l'habitude de réagir sur le plan moral et institutionnel. Elle a cessé d'être la fidèle servante du Seigneur des pauvres, du Sauveur qui donne la liberté aux hommes dans l'amour; pour devenir la combattante de la morale et de l'amour à tout prix.
[...]
Pour faire comprendre ceci, prenons l'exemple du célibat des prêtres (Notons que J.Ellul est protestant. Ca se voit ici, mais il critique ailleurs le protestantisme). Que certains chrétiens aient eu une vocation au célibat, se vouent ainsi à Dieu (une des façons possibles de servir Dieu), et demandent la prêtrise: ceci était très bien. Mais lorsqu'on transforme le célibat en une loi, une obligation, et la règle pour tous les prêtres, lorsqu'on en fait (hors de toute vocation) la condition du prêtre devient alors de deux choses l'une: ou bien on écarte des hommes qui ont une vraie vocation à la prêtrise (mais pas au célibat), ou bien on les contraints de façon telle qu' inévitablement vont se produire des "bavures", couvertes par le mensonge et l'hypocrisie.

http://www.bdcentral.com/Petit/Baptiste.GIF
14.02.09 à 02h06 | Non classé | commentaires (3)

Mercredi 07 janvier 2009

J'aime Patrick Sébastien

En période de Noël le retour à la maison s’impose : et donc, aussi, le moment de consommer du chocolat et de la télé. Ca avait plutôt bien commencé avec Manitas de Plata et les Gipsy Kings chez Sébastien (par contre les guerres du Moyen-Orient, je décroche toujours au premier millier de morts).
Le programme annonçait aussi une soirée Pierre Desproges, que je survol-relisais justement. L’émission portant quasiment le titre d’un de ses spectacles, ça laissait imaginer, bêtement, une rediffusion. Râpé ! (je ne me méfie plus assez, à force de sevrage !) Durant cinq minutes pénibles, j’ai entendu :

1) quelques bribes de spectacles, assemblées chronomètre en main, façon ‘résumé de la journée’ sur téléfoot ;

2) les commentaires d’un vague beauf / voisin / imprésario, qui aura su extraire de la masse de ses souvenirs la révélation capitale que Desproges aimait le vin. Ah ça, pour en arriver là, combien de dîners complices, de ces conversations dont nous ne saurons rien, où chacun rivalisait d’esprit ? L’amitié masculine est pudique tout de même.

3) une comédienne non moins vague, sans doute à peine née dans les années 80. Une fille ou une nièce peut-être. Pour celle-ci, le propre de Desproges était de « retourner notre logique : c’est-à-dire prendre une phrase ordinaire » elle réfléchit « comme ‘les Arabes sont tous fainéants’ et d’arriver à la fin, évidemment, à ‘les Arabes ne sont pas fainéants ».... Ah ? J’ai beau chercher de mon côté, je ne souviens pas d’un Desproges rhéteur. Toutes les références qui me viennent témoignent plutôt d’un goût solide pour l’absurde, hérité par exemple d’un Vialatte, voire même carrément un refus du premier degré. Je ne pense pas qu’il ne se soit jamais abaissé explicitement à ce genre de 'morale sous–préfectorale', et cela, malgré l’attachement évident mais pudibond à l’éternel ordinaire (enfants Desproges, Mme. Hélène / Priscillia / Syphillos Desproges, le poissonnier, etc).

Bref, au trou la greluche, j’ai éteindu la télé.

Mais qu’est ce qu’on pouvait espérer, au fond, comme émission ? A part bien sûr, laisser faire l’artiste - comme Patrick Sébastien, comme chaque fois qu’il écoute son neurone valide, a eu l’intelligence de le faire avec Manitas. Etait-ce possible de parler d’un humoriste ? Il y a bien sûr une contradiction insurmontable entre l’universitaire chiant et un sujet drolatique.



Au total d'ailleurs, je ne suis pas sûr que la philosophie ne s’y soit beaucoup aventuré, à part pour y voir, généralement, une forme de plaisir sensoriel, tantôt condamnable (Platon, l’Eglise), tantôt souhaitable (Rabelais, Voltaire). Pour d’autres, comme le désopilant Bergson, il s’agit quasiment d’un processus purement intellectuel, résultant d’un hiatus dans le déroulement ordinaire des choses. Par exemple, le coup de la peau de banane ! Notons d’abord qu’on devait bien se poiler à l’époque dans les turnes de l’ENS. Notons ensuite la pauvreté des références communes, à l’époque, le rire de masse type Fernand Reynaud / Bourvil n’apparaissant qu’avec le spectacle de masse.

Donc tout ceci est bel et bon, mais ça n’explique pas pourquoi Desproges, ou encore Coluche, les Inconnus,... sont particuliers. Il y a, certes, un talent d’acteur inouï chez certains, qui donne l’impression de pouvoir dire n’importe quoi en étant drôle – c’est d’ailleurs positivement ce que faisait Coluche défoncé. Ceux-là passait au cinéma, dans n’importe quel rôle, sans l’ombre d’une difficulté (Coluche dans Tchao Pantin, Didier Bourdon dans La Machine, Bourvil dans Les Grandes Gueules, etc). Mais ça ne suffit pas, les contre-exemples abondent et Desproges lui-même était tombé dans le one-man-show par accident. Destiné à être lu, il est d’ailleurs parfois à peine audible, pour son plus grand bonheur.

Plutôt que le boulot d'acteur, il y a de manière générale quelque chose qui relève du fond. Comment le définir...on peut avancer quelques éléments sur le style Desproges (goût pour l’absurde, donc...), mais de là à mesurer exactement ce qui va faire rire plus ou moins universellement, ou pas, il y a une marge considérable. Pour mieux comprendre, prenons un comique. Un beau comique. L’œil doit être vif, le poil brillant. Par contraste avec Desproges qui est drôle, mais mort, on le préférera vivant : on appelle ça un Nouveau Comique.

Le concept du Nouvocomique

En effet, on peut définir le comique par contraste avec son hideuse caricature : le Nouveau Comique. On peut le délimiter par l’extérieur, en somme.

1) L’ « industrie du spectacle » est, on n’y pense pas assez souvent, une sacré contradiction dans le terme.
Historiquement, l’artiste était confiné à un milieu, et le temps consacré aux loisirs n’était pas nécessairement payant. Au choix crève-la-dalle sublime, esclave de cour, empereur romain, aucun ne vivait strictement de ses pitreries. Par exemple, et on le devine difficilement en lisant les aventures de Fabrice Del Dongo, Stendhal était un rond-de-cuir, et même Lamartine mais un peu chiant.
Mais, au contraire de tous ses prédécesseurs artistes, le comique moderne est riche est n’a que ça à foutre. Dans une première vague, beaucoup avaient, pour se sauver, une saine indifférence pour l’argent : Coluche qui distribuaient son pognon jusqu’aux pauvres, Desproges qui ne savait pas compter jusqu’à 100 francs, les Inconnus entubés par leur imprésario, etc etc.
C’est là le drame! Le nouveau comique, expression consacré du réseau Rire & Chansons – Coup d’humour, est un parvenu. On se souviendra du mot immortel de Muriel Robin, venu vendre une compil douteuse après le bide de son précédent spectacle - où elle prétendait chanter, avec son filet de voix de canard asthmatique à faire dérailler l'émouvante cacophonie des Enfoirés - « On me paye pas pour venir ». Scandale, en effet !

2) Autre point considérable, le Nouveau Comique s’use rapidement:
De tous ces oubliables, il en sort des légions chaque année, du Jamel Comedy chose, de Rires & Chansons... Heureusement, il est sous garantie : on vous le remplacera sans difficulté avant même qu’on ait le temps de retenir son nom (Pascal Machin, Les Quatre Marrants, Zap Coincoin, ...). On retrouve la logique industriel : pour entretenir la demande, l’offre doit être la plus variée et renouvelée possible. Plus le temps de passer par la longue formation du cabaret, d’où la plupart sortaient dotés d’ailleurs d’une modestie polie par l’expérience de mille soirées à distraire les buveurs ordinaires (voir point précédent).

3) Enfin, rares sont ceux qui peuvent prétendre à l’unanimité du public:
Normal, c’est l’art subtil de la segmentation de marché. Je sais, Desproges n’est pas une référence en dessous de bac+N. Mais enfin, les choses étaient plus simples : il y avait le gros sel, et le sel fin. Dans la chanson : Brassens et Claude François, qui s’écoutaient l’un l’autre. Tout ça, avec en arrière-plan une population au niveau culturel homogène (certif), masse populaire éveillée au prestige de l’Art avec majuscule en apprenant nos grands auteurs maisons.

Pour résumer, le comique était un Artiste qui souffre et tout, c’est devenu un employé en CDD, avec espoir de promotion en CDI surpayé. Petite galerie des produits disponibles (parce que j’ai aussi maté Sabatier, « les Stars du Rire », sur France 2) :

Celui qui balance comme un fou

... ou Desproges de salon. Prototype, Stéphane Guillon. C’est souvent poussif : depuis le déclin de l’enseignement des humanités, les bourgeois vraiment cultivés deviennent rares. Pierre Bergé aime Christine Angot, par exemple ! La subversion reste donc inoffensive, sauf si l’on est petit, obèse ou trichrosomique, ou si on ne travaille pas à Canal +.
Pourtant, la prétention intellectuelle est inversement proportionnelle au talent, mais elle peut être habilement masquée en « sensibilité » (Guillon, pris au jeu de la critique). Rappelons que Desproges, malgré une petite plume, se définissait comme un « écriveur » - rappelons pour être complet que son roman Des Femmes qui tombent est réellement épouvantable. Cette même prétention peut aller loin, jusqu’à Dieudonné qui se prend pour la réincarnation de Voltaire – ah non pardon, il était nazi et esclavagiste.

Spécialisation possible : l’anticlérical qui balance. Alors là, 400 ans après le supplice de Giordano Bruno et 40 ans après mail 68, faut être vachement gonflé. A défaut, on pourra se concentrer sur les mollahs iraniens. Le danger à 10 000 bornes de Téhéran est également assez ténu, d’autant plus que c’est en phase avec l’islamophobie post-11 septembre de nos élites. Mais la teneur en humour est faible aussi (se renseigner auprès de Philippe Val). De façon générale, une allusion finaude au curés est toujours bien sentie chez tout comique soucieux d'assurer sa retraite.

Le communautaire

En parlant de Dieudonné...j’ai un souvenir à peine racontable d’un individu adipeux, de type maghrébo-pas de chez nous, qui imitait un gitan. D’où il ressortait vraisemblablement que le gitan est un abruti congénital qui vole des voitures et se nourrit de hérissons à peine cuits. C’était au Jamel Comedy Club et le public se pissait dessus... De façon générale, la moindre seconde de cet humour m’est insupportable, gluant de moralisme Canal et/ou feu d’artifices de clichés raciaux, et le tout au premier degré j’entends. En 2008, soit 20 ans au moins après la mort de Michel Leeb, Timsit propose ainsi toujours un sketch ou il explique que Dieu a fabriqué les Portugais avec un peu de poil (glissons sur ce quasi-plagiat de Foresti).

Spécialité possible: celui qui a un accent, du Midi notamment (Bosso, Titoff, Mado la Niçoise...) ou d'une campagne indéfinie mais a demie préhistorique (les Bodeins, les Deschiens,...). Je sais, Vanony fai(sai)t beaucoup rire à Geradmer, et Roger Siffert à Strasbourg. Mais est-ce qu'on fait chier la terre entière avec notre accent, Gott verdammi ?

La femme

Alors bon. Je sais qu’on est entre nous. Je me suis souvent demandé dans quelle mesure les déterminismes biologiques (qui existent, n’en déplaise à la glaçante Simone « On ne naît pas femme on le devient » de Beauvoir), je me suis souvent demandé si ces déterminismes conditionnaient l’aptitude à l’humour. Disons que, peut-être, une vie sacrifiée à une carrière artistique totalement imprévisible, consacrée à sa gloire, n’est pas forcément compatible avec la reproduction féminine. La femme, elle, calcule la survie pour plusieurs. A contrario, prendre le risque du bide serait phallique, ou comme le dit Cavanna, l’humour est macho... Les plus méchants diraient que, l’humour devenant un emploi comme un autre, avec salaire et figures convenues, il n’est plus étonnant que des femmes s’y aventurent et qu’il ne s’y passe plus rien. Mais là, c’est méchant. Et puis, il y a Foresti, enfin il y en a quoi.

Mais d'où, peut-être, la forme la plus prévisible de l’humour féminin : la quarantaine, pas trop belle mais pas mal quand même, maman, et avec des soucis hormonaux considérables. Le petit plus qui fait 'humoriste': user d’une vulgarité incongrue chez les femmes normales comme votre mère. Les maîtresses du genre : Roumanoff (alors que sa récente incursion dans la politique - fait rarissime avec son profil ! – a été visionnée des milliards de fois sous Daily) , Karine Lyachenko, la fille Bernier, ... jusqu’à cette terrifiante Elisabeth Buffet... Si vous avez raté Sabatier :


Signalons que le coup du camp nudiste était déjà ringard au siècle d’Ouvrard, et que nombre de « gags » sont exactement identiques à ceux d’un sketch de Dubosq.

Celui qui fait de la politique

Y en a encore ? Je veux dire, vivant, pas comme Jolivet ou Bedos ? Ou alors, au moins demi-jeune mais intelligent, pas comme Dieudo ? Même problème que Siné Hebdo : la politique, la vraie, cible par excellence de la subversion et donc de l’humour, a été complètement abandonnée. Ceux qui restent sont les brontosaures d’une génération effectivement arrivée aux postes éminents, avec son imaginaire et ses (contres-)valeurs, intéressés à y rester, et promoteurs plus ou moins conscients de l’inanité de la rébellion dans le cadre libéral. En gros, on a déjà tout dit les jeunes, c'est fini, vous êtes libres, circulez. On peut y trouver, selon la conversation à alimenter, la cause ou la conséquence de la CDD-ïsation du comique.

Spécialisation possible: celui qu’aime pas les Nazis. Encore une fois, la probabilité de perdre un procès contre Adolf Hitler étant proche de zéro, n’hésitez pas. J’ai un faible pour Guy Birenbaum, (ex- ?)intervenant de Rire et Chansons, du Grand Journal, et ex-maître de conf’ à Montpellier... Voir encore Philippe Val, le Maître. Il y a fondamentalement quelque chose de fascinant dans cette propension à traquer la saloperie humaine, tout en jouant les petits saints immaculés. Avec, donc, une absence totale de sensibilité, ou d’intérêt, pour la bonté ordinaire. Notons que c’était le créneau de Dieudonné, à la base... Globalement, je ne me fierais pas trop à la générosité de ces gars-là, coincé sur une île déserte avec une brosse à dents pour deux.

Celui qui parle de cul

Y-a-t-il un thème moins difficile ? Non ? Alors n’en parlons pas.


La banalisation du spectacle d'humoriste a des effets parallèles sur le public et les artistes, qui ne respectent plus tant, ni eux-mêmes, ni mutuellement. D'une part, on voit Gad Elmaleh se faire virer sans ménagement à Saint-Raphaël, pour cause de retard: normal, pour un truc aussi ordinaire qu'un spectacle, probablement en partie connu à l'avance, et pas toujours à se pisser dessus. D'autre part, les comiques, en donnant massivement dans la surenchère de connerie, par lassitude, pour manger, par manque de talent,... méprisent très certainement leur public. Alors que la chanson garde un certain vernis chic et 'culture' (songeons à la dodue Cindy Sander, qui se fait virer car "elle n'a pas les codes", selon Isabelle Alonzo : c'est à dire inconsciemment, elle fait trop peuple...), le comique lui se fait un honneur de flatter ce qu'il y a de plus con dans son public. Alors que le haut de la pyramide de la profession, est depuis plusieurs décennies contigu avec la haute bourgeoisie, et pas seulement matériellement (Bourvil ou Reynaud étaient déjà riches).

Bon ben, au bilan, les gens comme il faut comme moi, y se font chier. Les plans sur le public, chez Sabatier, étaient éloquents... Dans n'importe minute d'un spectacle de Coluche, les gens suffoquent, se plient en deux: là des plans serrées sur une poignée de clampins avec en fond d'autres qui regardent le plafond ou font la gueule - par dessus des rires enregistrés, ou en tout cas brefs. On a même eu droit plusieurs fois à la même image d'une demie-belle qui souriait, pour coller avec les rires enregistrés. Avec ça, les bides discrets que connaissent nos titans de l'humour une fois épuisés leurs quelques idées (Bigard, Palmade, Robin,...), la reconversion tous azimuts quand se pointe une fin de carrière ultra-rapide (chanson, ciné,... ). Et surtout, des wagons de nullards qui ne percent jamais: à ce titre, l'industrie de la chanson a en fait quelques années de retard, avec sa Star Academy.

Ce n'est certes pas la fin de l'humour, comportement qui relève des tréfonds de la socialité chez les primates. Mais un public payant qui surconsomme alors que, sauf accident, l'offre est calibrée médiocre, c'est nouveau... Et puis, bordel, moi je me fais chier !
07.01.09 à 01h25 | Non classé | commentaires (3)

Vendredi 19 décembre 2008

Suite à mes conneries sur les Aïnous dolichocéphales (=billet précédent), j'ai eu l'occasion de farfouiller sur le sujet. Je remarque, et ça me rassure car j'étais un tantinet péremptoire, que je n'ai toujours pas trouvé de contradicteur convaincant. Beaucoup insistent sur le fait que les "êtres humains sont à 99,9% identiques" (ce qui est déjà faux lorsqu'on parle d'homme et de femme, le chromosome masculin Y représentant 2% du génôme, mais passons), or les définitions académiques de - l'affreux mot de - race ne parle jamais d'un niveau de divergence suffisant pour pouvoir utiliser ce mot. A ma connaissance en tout cas. C'est quoi le "bon" seuil, 70%, 80%, 90% ? Seuil utilisable aussi bien pour les races d'insectes, etc... ? Méfiance, car si on se loupe, il y a de bonnes chances que de nombreux primates se retrouve dans une "race humaine"...Fixer un seuil serait de toute façon arbitraire, et ne sert ici uniquement qu'à essayer de limiter l'usage d'un mot honni.

Je maintiens donc. De façon générale, nier l'existence d'une importance variation génétique entre populations humaines serait véritablement absurde. Voilà ce que dit, par exemple, le Pr. Jérôme Goudet de Lausanne (une bête) sur les fameuses pubs pour déterminer génétiquement ses origines:
«Ce type de test [concernant des origines juives] n’est pas crédible, car il est fondé sur la comparaison de quelques dizaines de marqueurs génétiques seulement, estime Jérôme Goudet, professeur de génétique des populations à l’Université de Lausanne. «Des tests sur 500 000 marqueurs coûtent 1000 dollars et sont beaucoup plus fiables pour des populations qui ont peu bougé.. Ce qui n’est pas le cas des juifs. Reste que j’ignore ce qu’est la définition génétique d’un juif», précise-t-il.

La vraie question restant, encore une fois : pourquoi cette hystérie ? Pourquoi le racisme est associé à des tabous aussi forts, avec clergé, inquisiteurs, culpabilité,... Tiens, j'ai vu des blogs où des types se torturaient pour comprendre pourquoi la sortie de Zemmour laissait finalement peu de prises à la mécanique classique de dénonciation/culpabilisation. La réponse semble simple: il ne dit rien de strictement raciste, et d'ailleurs ses vis-à-vis échouent à le mettre en défaut. La reconnaissance des différences physiques est de l'ordre de l'observable. S'il est vraiment raciste, il est dans la situation du pervers qui n'a pas encore mis la main au cul à sa voisine de missel. Voyant cela, ces blogueurs se rongeaient pour savoir comment reconnaître des intentions racistes... antiracisme neuneu = Inquisition / morale dévoyée.

Pourquoi ? Je suis persuadé que l'existence de l'antiracisme répond à un besoin de morale globalement frustré par l'amoralisme moderne. Et la question devient aussi: pourquoi ce besoin de morale ? J'avais ma petit idée aussi, vague et mal formulée. Il a fallu que je tombe sur ce livre de 1996 de ce Claude Lagadec (1932-2000), disponible en ligne. Comme d'habitude en pareil cas - c'est à dire, quand je trouve un savant méconnu qui pense tout pareil que moi-, je me demande si j'ai affaire (1) à un pionnier génial, comme moi (là je doute fort), faisant face à une ignorance inouïe (bon ça me frappe souvent, notamment en biologie, même pour les questions les plus simples) (2) le mec est en fait super connu, je manque dramatiquement de connaissances (snif) (3) le mec est un foireux et moi aussi (sob).
Quoi qu'il en soit, voilà le travail (en très rapide) (c'est moi qui souligne avec mes petits doigts):

La vie sociale résulte de l'évolution darwinienne

http://www.imagier.net/albums/userpics/10004/normal_ruche-abeille...

«Je sais que cette dernière affirmation, à l'effet que la vie sociale résulte d'un développement particulier et contingent de l'évolution darwinienne, risque de heurter un certain nombre de sociologues et d'anthropologues qui pourraient soutenir une opinion contraire. Il sera difficile d'en discuter tant que ces divers spécialistes ne nous donneront pas leurs raisons et ne nous procureront pas, en termes raisonnablement vérifiables, une réponse à la question suivante : quelle est selon eux l'origine de la vie sociale, par opposé à la vie solitaire ?

Pour le philosophe, la première conséquence de la conception du social comme forme de vie produite par l'évolution est que ces deux modèles, celui de Hobbes et celui de Darwin, sont totalement incompatibles et s'excluent mutuellement. Si nous acceptons le modèle de Hobbes, alors Darwin a tort, nous sommes des enfants de Dieu et la théorie hobbesienne du « contrat social » appartient à la version protestante des suites de l'expulsion du paradis. Ce sont les humains et eux seuls qui ont inventé la société en renonçant à la totalité de leur liberté individuelle (au sens hobbesien d'absence de contraintes), donc en enchaînant leur liberté à l'absolutisme du Léviathan, qui est un despote. Un siècle après Hobbes, Jean-Jacques Rousseau a proposé une version plus latine, moins luthérienne de cette même fable. Il se trouve que les philosophes ne disposent d'aucune autre théorie de l'origine du social que cette fable.

Ou bien, au contraire, nous acceptons la théorie darwinienne de l'évolution, mais il nous faut alors être conséquents, ces choses-là ne doivent pas se faire à moitié, il faut en voir et en accepter intégralement les conséquences. Ce qui signifie que toute la théorie philosophique du « contrat social » doit être appréciée pour ce qu'elle est, c'est-à-dire une fable philosophique à forte saveur théologique. C'est l'évolution qui a inventé la vie sociale comme mode de compromis par rapport à la compétition, et non pas les humains par leur seul génie. Si loin que l'on remonte dans l'histoire de l'humanité et au-delà dans ce que l'on sait des anthropoïdes et des premiers représentants de l'espèce homo, les humains semblent toujours avoir été sociaux, aucun fait connu ne nous permet de croire que ce primate ait jamais été solitaire.

Cela mérite d'être dit plus explicitement encore. Il n'y a pas le plus infime document historique justifiant la thèse d'un « contrat social » prétendument conclu entre humains qui auraient vécu jusque-là dans un « état de nature » comme Rousseau et Hobbes voudraient nous faire croire. On demandera à savoir à quelle date ce supposé contrat a été conclu, quels en étaient les signataires et où sont les traces de leurs témoignages.

En pratique, seule la biologie répond à la question de savoir pourquoi nous sommes sociaux : nous sommes sociaux parce que c'est ainsi que l'évolution nous a faits. La vie sociale est une stratégie, parmi d'autres, de l'évolution, dont l'effet présumé est de réduire l'âpreté de la compétition dans la reproduction


J'ajouterais un petit bémol - ce monsieur vient des sciences sociales ! - l'effet n'est pas de réduire la compétition, mais d'optimiser la reproduction de manière générale, par rapport au modèle "primate solitaire". Ce qui n'exclue pas nécessairement une intense compétition dans le groupe social, et entre groupes. Bref.

La morale, c'est la loi du groupe

«Lorsque Bertrand Russell a écrit son histoire de la philosophie, il l'a intitulée : Histoire de la philosophie occidentale, reconnaissant ainsi le caractère limité de son entreprise et du corpus où il puisait. Je ne connais pas de traité de morale dont le titre dise expressément sa particularité d'être occidentale, et donc partielle. Par défaut, logiquement, l'absence de quantificateur confère à cette particularité la prétention à l'universalité. Prenons, par exemple, l'ouvrage de G.E. Moore, l'ami de Russell, publié en 1903 : Principia Ethica. Le philosophe moraliste n'aurait-il pas dû signaler dans son titre que son traité était réservé à l'usage des Anglais ? Ou des anglophones ? Ou des Occidentaux ?

Il suffit que chaque moraliste persévère, sérieux, bien intentionné et compétent et qu'il continue ainsi à publier chacun à tour de rôle ses propres Principia Ethica sans faire la moindre allusion à l'existence d'autres morales et d'autres discours tout aussi sérieux, bien intentionnés et compétents que le sien mais incompatibles, et qu'il continue à espérer que personne ne s'en aperçoive. Ce phénomène, à lui seul, est tout à fait extraordinaire, pratiquement invraisemblable, mais ce n'est encore rien, car personne ne semble en effet s'en apercevoir, ou en tout cas s'en formaliser.»


Bon, jusque là c'est un peu de l'enfonçage de portes ouvertes, mais généralisation est finalement saisissante:

«La surprise fut de devoir reconnaître, malgré tout ce que nos maîtres nous ont enseigné et malgré tout ce que je croyais savoir, que le fondement de la morale humaine se situe dans le groupe et non pas dans la personne individuelle ou dans sa rationalité.»

Claude Lagadec donne ainsi trois exemples des fondements évolutionnistes de la morale du groupe:

1. Les soins à la progéniture: «Au premier contact physique avec son nouveau-né un être humain éprouve habituellement l'obligation de le nourrir et de le protéger. Il existe en biologie ce qui a été appelé "la stratégie du gros bébé ".»
. Eh oui. Le groupe commence ici avec sa propre progéniture (dans d'innombrables espèces, les parents n'investissent
absolument pas dans les soins à la progéniture. A commencer par les végétaux).

2. «L'inceste. En général, les animaux ne pratiquent pas l'inceste. Il y a des exceptions, comme l'accouplement frère-sœur chez quelques insectes.» On connaît tous le résultats des croisements consanguins: à terme, le coût sur la fécondité mènerait à la disparition d'une lignée trop portée sur l'inceste.
http://vial.jean.free.fr/new_npi/img_pool/portr/esp_charl2.jpg
Le sémillant Charles II - un obscur Habsbourg d'Espagne - résultat bien connu d'une expérience assez poussée de croisements consanguins

3. Enfin, last but not least, la coopération au sein du groupe «L'altruisme. Lorsque, de propos délibéré, nous sommes altruistes au sens moral du terme, nous appliquons une règle dont l'effet est d'avantager quelqu'un à nos dépens, généralement un proche». Ceci s'apparente à favoriser ses gènes de façon plus étendue, le groupe social, à certains niveaux d'endogamie, étant composé d'individus apparentés.

La morale d'un groupe serait donc uniquement un comportement universel associé à la vie sociale, ce que les anthropologues connaîtraient finalement assez bien :

Liste des comportements du syndrome de l'ethnocentrisme

Attitudes et conduites par rapport au groupe
 1.1  Voir son groupe comme vertueux et supérieur. 
 1.3  Croire que ses propres standards sont universels, intrinsèquement vrais. Voir ses propres coutumes comme originales et au fondement de l'humanité. 
 1.4  Voir les membres de son groupe comme forts. 
 1.8  Des sanctions punissent le vol dans le groupe. 
 1.10  Des sanctions punissent le meurtre d'un membre du groupe. 
 1.12  Coopération avec les membres du groupe. 
 1.14  Obéissance aux autorités du groupe. 
 1.16  Empressement a demeurer un membre du groupe. 
 1.18  Empressement a se battre. 


Attitudes et conduites par rapport à l'extérieur du groupe
 1.2  Voir l'autre groupe comme méprisable, immoral et inférieur. 
 1.5  Voir l'autre groupe comme faible. 
 1.6  Distance sociale. 
 1.7  Haine a l'égard de l'autre groupe. 
 1.9  Sanctions ou non sanctions du vol fait aux dépens des membres de l'autre groupe. 
 1.11  Sanctions ou absence de sanctions du meurtre d'un membre de l'autre groupe. 
 1.13  Absence de coopération avec les membres de l'autre groupe. 
 1.15  Absence d'obéissance aux autorités de l'autre groupe. 
 1.17  Absence de volonté de devenir membre de l'autre groupe. 
 1.19  Absence de volonté de se battre et de mourir pour l'autre groupe. 
 1.20  La mise a mort du membre de l'autre groupe est un acte vertueux. 
 1.21  Dans l'éducation des enfants on utilise le comportement des autres groupes comme exemple du mal. 
 1.22  L'autre groupe est tenu responsable des malheurs du groupe. 
 1.23  Méfiance et crainte a l'égard de l'autre groupe. 


On a l'impression que sont résumés ici bon nombre de nos réflexes moraux. On pourrait noter, ça et là, des connexions de la première partie avec l'intuition de la common decency de Georges Orwell, et de manière générale, la réflexion anarchiste sur les sources et les conditions de la vie en groupe. On notera aussi, dans la deuxième partie, des comportements typiquement racistes, mais j'y reviendrai à la fin.

Individu, liberté et amoralisme

En corollaire avec le paragraphe précédent, l'auteur exclue l'idée que la moralité est choisie par l'individu (le précieux libre-arbitre, je crois), puisqu'elle est la loi du groupe.

«La plupart des humains, lors de leur premier contact physique avec leur nouveau-né, subissent une contrainte dont l'effet est de les porter à nourrir et protéger cet enfant. Une autre contrainte, inhibitrice celle-là, fait que la plupart d'entre nous, la plupart du temps, éprouvons une nette répugnance à commettre l'inceste. Troisième exemple, la plupart d'entre nous sommes particulièrement attentifs au bien-être et aux souffrances des membres de notre famille immédiate.
(...)
Or, puisque la moralité de l'existence humaine est aussi ininterrompue que la vie elle-même – l'être humain est un être moral par définition, « à temps plein », pour ainsi dire, et non pas « à temps partiel » – ne faudrait-il pas supposer l'existence de quelque système permanent de moralité à l'intérieur de nous-mêmes, qui nous épargne habituellement d'avoir à prendre de telles décisions conscientes et délibérées tout en nous laissant le loisir de le faire dans certaines circonstances exceptionnelles ?»


Exit aussi, en passant, l'idée que l'individu est bon/mauvais par nature, puisqu'il est déterminés par des contraintes biologiques, à commencer par les intérêts de son groupe. Que reste-t-il de la liberté ?

«J'appelle liberté l'ensemble des performances dont un organisme est physiquement capable. C'est l'autonomie de l'organisme dans son environnement.
(...)
La liberté est un ensemble que la morale, comme sous-ensemble, vient réduire. La morale est un sous-ensemble de contraintes dont l'effet est de diminuer, circonscrire et limiter la somme des performances qui, bien que physiquement possibles, deviennent en pratique soit obligées, soit au contraire, inhibées. L’effet de la contrainte morale peut être incitatif ou inhibiteur ; elle peut nous obliger à faire quelque chose que nous pourrions ne pas faire, ou au contraire nous inhiber et ainsi nous empêcher de faire quelque chose que nous pourrions faire physiquement.»


C'est une définition universelle, basée sur les déterminismes biologiques, qui dépasse les conceptions particulières du groupe sur la liberté/morale (par exemple, les droits de l'Homme (et du citoyen), écrits en France en 1789). Par conséquent,...

«(C'est une définition qui) nous fait écarter toute conception de la liberté qui suppose le sujet. On rappellera pour mémoire qu'il n'y a pas de concept de sujet chez Aristote. Le sujet est une invention typiquement moderne occidentale, elle n'apparaît que dans la tradition philosophique occidentale chrétienne, ses premiers représentants historiques étant Augustin, Descartes et surtout Kant. L'idée de sujet n'est pas universelle mais seulement occidentale et donc ethnocentriste.
(...)
Historiquement, l'invention kantienne du sujet humain qui est sa propre liberté et qui, en cela, est donc égal à tout autre sujet humain, était d'une extraordinaire audace à l'époque puisqu'elle s'adressait à des hommes et à une philosophie d'Ancien Régime pour lesquels elle fut exactement ce qu'elle voulait être : une rupture démocratique et égalisatrice qui mettait fin à la hiérarchie métaphysique et théocratique. C'est ce qui, en philosophie, fait de Kant le véritable père des droits de la personne. Cette philosophie était révolutionnaire en son temps mais il y a belle lurette qu'elle ne l'est plus pour nous qui sommes post-révolutionnaires et pour qui la réversibilité de la liberté et de la pensée est devenue en fait beaucoup plus cartésienne que kantienne. Nous continuons en effet à croire, malgré toute la psychanalyse que l'on voudra, que tout ce qui est dans la liberté humaine est dans sa pensée et réciproquement. C'est l'âme transparente à elle-même de Descartes qui ne pense que ce qu'elle est et qui pense n'être que ce qu'elle pense qu'elle est. Nous devrons donc retourner brièvement à Kant pour reprendre les données de ce problème afin de le reformuler pour notre compte et le résoudre en termes modernes.»


http://quadri.files.wordpress.com/2008/01/nietzsche-785802.jpg
Il roulait des pelles au poney-ses (véridique !)

Dans mes souvenirs, Nietzsche a abondamment écrit, à la suite de Kant, sur ce concept d'individu et les fondements de la morale, mais j'ai pas poussé jusqu'à ce chapitre. On pourrait développer, concernant ces concepts de la liberté/individu, sur la contradiction qu'ils induisent avec la morale fondée sur le groupe. Les Ultras, qui affrontent l'hostilité d'une société d'individus, connaissent cela très bien. J'ai pas parlé non plus de libéralisme, mais j'y pense. Ceci dit, j'y suis attaché, moi aussi, à mon petit individu. On pourrait aussi causer sur la contradiction avec la morale causée par la négation totale des individus dans le schéma communiste (qui niait du même coup l'"égoïsme relatif" d'une nation, d'une classe ethnie, famille). Orwell l'a si bien senti dans 1984.

Et ce foutu racisme ?

«Je résume. La liberté biologique rend possibles un certain nombre de performances physiques. Des contraintes primaires, appelées contraintes morales dans le cas des êtres humains, viennent limiter le nombre et l'exercice de ces performances.
Il existe cependant des contraintes primaires dont nous pouvons trouver des traces observables et universelles dans le comportement humain et que, néanmoins, nous refusons d'ordinaire d'inclure au nombre des contraintes de la morale humaine. Je veux parler (notamment) de la xénophobie (...)
Or, il existe bel et bien un principe de xénophobie en biologie sociale. On l'appelle le « principe » parce qu'il a été vérifié et documenté dans pratiquement tous les groupes d'animaux vivant en société possédant une vie sociale un peu complexe et qui ont été examinés sous ce rapport. Sans être universelle, la xénophobie animale est très fréquente dans les sociétés animales. Chez les lions, les fourmis ou les primates, par exemple, l'apparition d'un étranger constitue le plus fort stimulus de conduites agressives dont les membres sont capables et qui sont alors dirigées contre l'intrus. La présence de l'étranger représente une menace au statut social, au rang de chacun des membres du groupe, elle provoque les plus grands désordres qui ne cessent qu'avec son éviction, parfois sa mort ou éventuellement son intégration après une période de probation plus ou moins longue. La généralité de la xénophobie dans les sociétés animales nous suggère l'idée que sa présence est probablement sociogène, qu'elle facilite la vie sociale dont elle renforce la cohésion et la stabilité.

Je pense que sur ce point il n'y en a plus. Nous avons toutes les raisons de penser que la xénophobie et le racisme font partie de la nature humaine depuis très longtemps. Au point que l'apparition des termes eux-mêmes de xénophobie et racisme semble incroyablement récente. Selon Le Petit Robert, « xénophobe » date du début du XXe siècle, « raciste » apparaît vers 1930. Ce qui signifie qu'avant le XXe siècle et probablement depuis la nuit des temps les sociétés humaines ont toujours été racistes. Il en va de même en anglais. L'apparition relativement récente du mot n'indiquerait alors que le moment où certaines de ces sociétés racistes ont cessé d'être fières de l'être.»


Bref, le racisme/xénophobie serait une expansion de la morale du groupe. Il est fort probable, par exemple, que le nazisme ait été un moyen d'achever l'unité allemande, en dépassant les clivages de classes (voir les Damnés de VIsconti) et régionaux, en éveillant la morale du groupe aux dépens de malheureux indésirables.
Dans ces conditions, l'antiracisme se déploie, lui aussi, uniquement dans le champ de la morale. Les pseudo-justifications rationnelles, du type de celles qu'on opposent au petit Zemmour ("les races n'existent pas, les scientifiques l'ont dit") sont des cache-misère. Il est significatif que toutes les solutions envisagées par Lagadec sont de l'ordre de la "réeducation" (c'est son mot), décidée par le groupe, il s'agit bien de redressement moral:

«Ce qui est requis c'est plus qu'un simple changement dans les idées, c'est un changement dans les perceptions et seul le groupe est en mesure de produire ce genre de résultat. (...)l'acceptation d'un nouvel ensemble de valeurs et de croyances»

C'est précisément ce qu'on voit à l'œuvre avec l'"antiracisme années 80" (Lagadec a écrit la première version de son livre en 1982). Je ne suis pas philosophe. Mais pour travailler, depuis des années, sur les conséquences implacables des déterminismes biologiques et de l'évolution darwinienne, je doute fort sur la possibilité d'une "rééducation". Je pense même, de façon floue, que cela créera beaucoup plus de souffrance que ça n'en évitera. Il me semble qu'il faudrait assumer:
  • Soit de composer vaille que vaille avec la morale du groupe, celle qui pré-existe: le groupe est susceptible d'être étendu, pourquoi pas à l'universel. On y voit la trace de l'universalisme français jusqu'à l'élection d'Obama. Un tel projet est à rapprocher aussi de la réflexion anarchiste, qui se passe me semble-t-il de "rééducation", de son clergé et Cie.
  • Soit de reconnaître l'évidence et la généralité du racisme - et donc celles de la générosité, aussi, sans quoi nous serions des démons : Coluche était encore capable d'une telle finesse, dans le magma des années 80. Il faudrait donc imposer, par la domination, la vie collective. C'est le sens de la laïcité à la française.

Bref, je radote (et bonnes fêtes de fin d'année aux deux ou trois lecteurs survivants).
19.12.08 à 21h05 | Non classé | commentaires (2)

Mercredi 10 décembre 2008

Cela méritait d'être dit. Alexandre Vialatte ajouterais peut-être que "les poètes en disent néanmoins beaucoup de bien (seuls Xénopion le Bacillaire et Chrysophage le Centripète élevèrent quelques légères critiques)".
Mais pourquoi donc les Aïnous sont-ils dolichocéphales ?
Lire la suite...
10.12.08 à 02h42 | Non classé | commentaires (3)

Samedi 06 décembre 2008

Petit extrait du dernier livre d'Emmanuel Todd, Après la démocratie . Pas le genre qui donne la patate et envie de souscrire un emprunt sur 50 ans, mais il contient une synthèse séduisante des clivages politiques en France par la géographie. Apparemment l'auteur y tient, c'est peut-être pas si con: c'est amusant de penser que ces trésors de rhétorique, déployé sur le stub quand modérateur laisse pisser, ne tiennent qu'à des histoires familiales. Notons que le cas de l'Alsace (dépourvue de gauche, Tambow oblige) n'est pas vraiment traité.
Lire la suite...
06.12.08 à 22h11 | Non classé | commentaires (6)

Dimanche 23 novembre 2008

Je ne connaissais pas, je ne résiste pas à le mettre ici (vu la tournure que prend ce blog). Cette BD est agrémentée d'une émouvante tartine que j'aurais pu écrire : ce doit être ma moitié platonicienne (j'espère qu'elle a des gros seins). Plus sérieusement, je vois qu'on est trois ou quatre de ce tonneau ce qui n'est pas étonnant dans la pétaudière des classes moyennes, sans espoir évidemment de former une minorité quelconque (notamment parce qu'elles se définissent par l'individualisme).


http://img134.imageshack.us/img134/4269/clipboard0sk1.jpg

...savoureux, pour moi, étant récemment été échaudé sur ce sujet par un échange avec le site d'Acrimed, où "tous les scientifiques" étaient convoqués, rien que ça. Echange d'où il ressortait que ce site d'agit-prop globalement intéressant, toujours prompt à dénoncer la figure de "l'expert" qui sévit dans les grands médias faussement neutres, fait sa bibliographie scientifique (*) sous Wikipédia.


(* site tenu par des universitaires...)
23.11.08 à 20h59 | Non classé | commentaires (0)

Pages: 1 | 2 | 3 | 4 | 5

Recherche
Photos
> 11 photos publiques à voir
> Dernière (18/12/09 16:47) :
coin
Côté foot
Supporter du RC StrasbourgAideClub: RC Krummschuss
Groupe: Expatriés & autres mauvais supporters
Côté privé
Aide
Pas d'information.
Livre d'or
Flux RSS de ce livre d'or Vous pouvez laisser un commentaire sur le livre d'or de zottel !
Site web

15 messages
Le 21.08.08 à 22h33
Par romeocrepe :
"je suis communiste parce que cela m'évite de réfléchir" (Frédéric Joliot-Curie). A méditer...
"Si on ne parlait que de ce que l'on a vu,... Est-ce que les communistes parleraient de liberté ?... Est-ce que je parlerais des communistes ?"
(Pierre Desproges)
Le 10.08.08 à 22h55
Par mickael67e :
Le rédacteur en chef de la revue web te salue du haut du stub :-)
T'as intérêt à nous en faire des triomphales!
Le 02.07.08 à 00h17
Par magellan :
Décidément, nos échanges sont souvent linguistiques. C'est agréable et plutôt rare... alors merci à toi...
Merci à mes profs d'allemand (les pauvres)...
Le 30.11.07 à 20h13
Par Pandemonium :
J'adore ta présentation "Gagnera un jour la LDC contre Lyon et Chelsea (tout en luttant pour le maintien)." :)
Avec le recul, j'espère que Marseille va pas encore le faire avant.
Le 23.05.07 à 21h36
Par playlikebeckham :
bouh !

ImprimerImprimer Partager vers Facebook Twitter del.icio.us Envoyer à un amiEnvoyer à un ami
racingstub.com n'est pas responsable du contenu publié sur ce stublog.