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Le club unique..les miracles de Vencel, la victoire contre le FC Nantes de 1995, contre l'Inter de Ronaldo...les fous rires aussi, avec les joueurs improbables, Chilavert, Rott ("le Hitchcok du Foot", ©Schlapsheim), Gohel..Unique j'vous dis ! Gagnera un jour la LDC contre Lyon et Chelsea (tout en luttant pour le maintien). ALLEZ RACING !
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Dimanche 08 juin 2008
Ca force un peu ma modestie, mais en lisant le dernier Michéa, L'empire du moindre mal, je suis naïf et emerveillé comme devant mon devant mon premier Oui-oui. Pour avoir laborieusement ferraillé sur le contenu politique du rap avec un stubiste patient, ce passage m'a retenu un moment (le thé est froid). Jean-Claude c'est à toi :
«Pour donner une idée de l'univers mental dans lequel pataugent les économistes officiels, on peut se référer à l'exemple élémentaire imaginé par Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice dans Les Nouveaux Indicateurs de richesse (La Découverte, 2005, p. 21) :
Un tel exemple permet, au passage, de comprendre l'intérêt économique majeur qu'il y a, d'un point de vue libéral (et comme Mandeville (*) est le premier à l'avoir souligné, dés le début du XVIIIème siècle), à maintenir un taux de délinquance élevé. Non seulement, en effet, la pratique délinquante est, généralement, très productive (incendier quelques milliers de voiture par exemple, ne demande qu'un apport matériel et humain très réduit, et sans commune mesure avec les bénéfices ainsi dégagés pour l'industrie automobile). Mais, de plus, elle n'exige pas d'investissement éducatif particulier (sauf, peut-être dans le cas de la criminalité informatique), de sorte que la participation du délinquant à la croissance du PIB est immédiatement rentable, même s'il commence très jeune (il n'est pas ici, bien sûr, de limite légale au travail des enfants).
Naturellement, dans la mesure où cette pratique est assez peu appréciée des classes populaires, sous le prétexte égoïste qu'elle en sont les premières victimes, il est indispensable d'en améliorer l'image, en mettant en place toute une industrie de l'excuse, voire de la légitimation politique. C'est le travail habituellement confié aux rappeurs, aux cinéastes "citoyens" et aux idiots utiles de la sociologie d'Etat {il cite là un prof de philo auteur d'une très sérieuse Apologie du casseur}»
(J-C Michéa, L'empire du moindre mal, 2007, p.121)
De là vient sans doute, l'indifférence du pouvoir vis-à-vis la délinquance, malgré ses fructueuses postures répressives : dans une dictature bien tenue ou dans les démocraties d'avant la mondialisation, elle est bien plus marginale. De là aussi la promotion de ces chanteurs "rebelles" - de préférence les plus demeurés -, quelles que soient par ailleurs les réussites artistiques de ce courant.
(*) Un batave du XVIIIème donc, certainement un ancêtre de Marc Van Bommel, surtout connu pour son "paradoxe de la ruche" : si les abeilles étaient parfaitement vertueuses et honnêtes (denuées d'égoïsme), la ruche, pourtant bâtie en apparence sur l'altruisme et la coopération, cesserait d'être productive. Les braves abeilles sont bel et bien menées par leur vice privé...Ca ouvre la voie au concept de "sélection de parentèle", mais bien plus tard.
«Pour donner une idée de l'univers mental dans lequel pataugent les économistes officiels, on peut se référer à l'exemple élémentaire imaginé par Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice dans Les Nouveaux Indicateurs de richesse (La Découverte, 2005, p. 21) :
Citation : Si un pays rétribuait 10% des gens - notent ces deux auteurs - pour détruire des biens, faire des trous dans les routes, endommager les véhicules, etc., et 10% pour réparer, boucher les trous etc., il aurait le même PIB qu'un pays où ces 20% d'emplois (dont les effets sur le bien-être s'annulent) seraient consacrés à améliorer l'espérance de vie en bonne santé, les niveaux d'éducation, et la participation aux activités culturelles et de loisir. |
Un tel exemple permet, au passage, de comprendre l'intérêt économique majeur qu'il y a, d'un point de vue libéral (et comme Mandeville (*) est le premier à l'avoir souligné, dés le début du XVIIIème siècle), à maintenir un taux de délinquance élevé. Non seulement, en effet, la pratique délinquante est, généralement, très productive (incendier quelques milliers de voiture par exemple, ne demande qu'un apport matériel et humain très réduit, et sans commune mesure avec les bénéfices ainsi dégagés pour l'industrie automobile). Mais, de plus, elle n'exige pas d'investissement éducatif particulier (sauf, peut-être dans le cas de la criminalité informatique), de sorte que la participation du délinquant à la croissance du PIB est immédiatement rentable, même s'il commence très jeune (il n'est pas ici, bien sûr, de limite légale au travail des enfants).
Naturellement, dans la mesure où cette pratique est assez peu appréciée des classes populaires, sous le prétexte égoïste qu'elle en sont les premières victimes, il est indispensable d'en améliorer l'image, en mettant en place toute une industrie de l'excuse, voire de la légitimation politique. C'est le travail habituellement confié aux rappeurs, aux cinéastes "citoyens" et aux idiots utiles de la sociologie d'Etat {il cite là un prof de philo auteur d'une très sérieuse Apologie du casseur}»
(J-C Michéa, L'empire du moindre mal, 2007, p.121)
De là vient sans doute, l'indifférence du pouvoir vis-à-vis la délinquance, malgré ses fructueuses postures répressives : dans une dictature bien tenue ou dans les démocraties d'avant la mondialisation, elle est bien plus marginale. De là aussi la promotion de ces chanteurs "rebelles" - de préférence les plus demeurés -, quelles que soient par ailleurs les réussites artistiques de ce courant.
(*) Un batave du XVIIIème donc, certainement un ancêtre de Marc Van Bommel, surtout connu pour son "paradoxe de la ruche" : si les abeilles étaient parfaitement vertueuses et honnêtes (denuées d'égoïsme), la ruche, pourtant bâtie en apparence sur l'altruisme et la coopération, cesserait d'être productive. Les braves abeilles sont bel et bien menées par leur vice privé...Ca ouvre la voie au concept de "sélection de parentèle", mais bien plus tard.
08.06.08 à 23h32 |
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Lundi 30 avril 2007
...comme disait l'autre.
Le premier tour passé, on s'épargnera la revue fastidieuse des 167 candidats, dont les trognes scandaleuses envahissent nos rues depuis des semaines.
Je ne parlerai pas du désopilant Sarkozy, pour ne pas me joindre malgré moi à la campagne grotesque et contre-productive dont parle conan
dans son billet.
Je songe davantage à toutes mes connaissances qui pleureront des larmes de sang quand il arrivera au pouvoir, eux qui avaient déjà voulu me forcer au Votutile sous la menace des pires mutilations. Citation :
"Ce qu'on appelle la 'Gauche', de nos jours, et en France, n'est donc en réalité que le produit d'un compromis historique particulièrement instable, négocié lors de l'affaire Dreyfus, entre le socialisme ouvrier [expression philosophique des luttes ouvrières] [...] et le camp républicain, c'est à dire celui des héritiers de la philosophie des Lumières...
[...]
Que pouvait devenir cette configuration idéologique instable une fois que les principales puissances de l'Ancien Régime [i.e. propriété foncière, église,...] auraient été historiquement éliminées (c'est chose faite depuis la Libération), et quand, au prétexte des lois d'airain de l'économie, elle aurait définitivement renoncé à maintenir dans ses programmes officiels l'utopie d'une critique radicale du capitalisme moderne (c'est chose faite depuis le début des années 80) ?
[La Gauche] ne pouvait devenir que ce qu'elle est devenue : à savoir une simple machine politique destinée à légitimer culturellement, au nom du 'Progrès' et de la 'modernisation', toutes les fuites en avant de la civilisation libérale.
Or il est clair que dans cette fonction, la Gauche est infiniment mieux armée intellectuellement que toutes les droites de l'univers. Car s'il s'agit seulement, comme c'est désormais le cas, de fonder l'infrastructure psychologique et imaginaire d'un monde entièrement 'libre' et modernisé (c'est à dire composé d'atomes perpétuellement mobiles et sans autres programmes métaphysiques que celui de 'vivre sans temps mort et jouir sans entraves'), alors les héritiers de Sade et de l'égoïsme stirnérien seront toujours plus compétitifs et plus efficaces que les 'conservateurs' de tout acabit.
Il n'y a donc pas lieu de s'étonner (maintenant que toute idée de rupture avec la logique destructice du capitalisme est partout présentée comme 'utopique', 'totalitaire', voire -crime de pensée suprême- 'populiste'), si cette Gauche moderne, ou 'libérale-libertaire'[i] qui contrôle à elle seule désormais l'industrie de la bonne conscience (et domine à ce titre, presque tous les secteurs du Spectacle et de la 'culture jeune' qui en est le principe d'unification), constitue d'ores et déjà la forme idéologique la plus efficace et la plus appropriée pour préparer, accompagner, et célébrer, les terribles développements à venir de l'Economie se déployant pour elle-même.
[...]
[La Gauche, toujours] s'est trouvé, pour ainsi dire, rendue à elle-même et à sa propre vérité. Dégagée, en somme de la pesante obligation électorale d'invoquer sans cesse les travailleurs de Lip ou les paysans du Larzac (devenus depuis, grâce à l'intelligentsia éclairée, une improbable coalition de 'beaufs' ou de 'Deschiens') et libre, enfin, de consacrer l'essentiel de son temps aux états d'âme autrement distrayants, des différents émules de Jean-Paul Gaultier, Emmanuelle Béart, ou Pierre Arditi."
(Jean Claude Michéa, L'impasse Adam Smith, auquel on doit aussi Les intellectuels, le peuple et le ballon rond, et donc de ne plus passer pour des demeurés auprès de nos éventuels amis golfeurs)
Le premier tour passé, on s'épargnera la revue fastidieuse des 167 candidats, dont les trognes scandaleuses envahissent nos rues depuis des semaines.
Je ne parlerai pas du désopilant Sarkozy, pour ne pas me joindre malgré moi à la campagne grotesque et contre-productive dont parle conan
Je songe davantage à toutes mes connaissances qui pleureront des larmes de sang quand il arrivera au pouvoir, eux qui avaient déjà voulu me forcer au Votutile sous la menace des pires mutilations. Citation :
"Ce qu'on appelle la 'Gauche', de nos jours, et en France, n'est donc en réalité que le produit d'un compromis historique particulièrement instable, négocié lors de l'affaire Dreyfus, entre le socialisme ouvrier [expression philosophique des luttes ouvrières] [...] et le camp républicain, c'est à dire celui des héritiers de la philosophie des Lumières...
[...]
Que pouvait devenir cette configuration idéologique instable une fois que les principales puissances de l'Ancien Régime [i.e. propriété foncière, église,...] auraient été historiquement éliminées (c'est chose faite depuis la Libération), et quand, au prétexte des lois d'airain de l'économie, elle aurait définitivement renoncé à maintenir dans ses programmes officiels l'utopie d'une critique radicale du capitalisme moderne (c'est chose faite depuis le début des années 80) ?
[La Gauche] ne pouvait devenir que ce qu'elle est devenue : à savoir une simple machine politique destinée à légitimer culturellement, au nom du 'Progrès' et de la 'modernisation', toutes les fuites en avant de la civilisation libérale.
Or il est clair que dans cette fonction, la Gauche est infiniment mieux armée intellectuellement que toutes les droites de l'univers. Car s'il s'agit seulement, comme c'est désormais le cas, de fonder l'infrastructure psychologique et imaginaire d'un monde entièrement 'libre' et modernisé (c'est à dire composé d'atomes perpétuellement mobiles et sans autres programmes métaphysiques que celui de 'vivre sans temps mort et jouir sans entraves'), alors les héritiers de Sade et de l'égoïsme stirnérien seront toujours plus compétitifs et plus efficaces que les 'conservateurs' de tout acabit.
Il n'y a donc pas lieu de s'étonner (maintenant que toute idée de rupture avec la logique destructice du capitalisme est partout présentée comme 'utopique', 'totalitaire', voire -crime de pensée suprême- 'populiste'), si cette Gauche moderne, ou 'libérale-libertaire'[i] qui contrôle à elle seule désormais l'industrie de la bonne conscience (et domine à ce titre, presque tous les secteurs du Spectacle et de la 'culture jeune' qui en est le principe d'unification), constitue d'ores et déjà la forme idéologique la plus efficace et la plus appropriée pour préparer, accompagner, et célébrer, les terribles développements à venir de l'Economie se déployant pour elle-même.
[...]
[La Gauche, toujours] s'est trouvé, pour ainsi dire, rendue à elle-même et à sa propre vérité. Dégagée, en somme de la pesante obligation électorale d'invoquer sans cesse les travailleurs de Lip ou les paysans du Larzac (devenus depuis, grâce à l'intelligentsia éclairée, une improbable coalition de 'beaufs' ou de 'Deschiens') et libre, enfin, de consacrer l'essentiel de son temps aux états d'âme autrement distrayants, des différents émules de Jean-Paul Gaultier, Emmanuelle Béart, ou Pierre Arditi."
(Jean Claude Michéa, L'impasse Adam Smith, auquel on doit aussi Les intellectuels, le peuple et le ballon rond, et donc de ne plus passer pour des demeurés auprès de nos éventuels amis golfeurs)
30.04.07 à 20h21 |
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Vendredi 12 janvier 2007
...ça ne peut plus durer, c'est intolérable. D'autant plus qu'on m'a promis la lune en retour, et c'est la moindre des choses.
1)Je connais un tour de magie réalisable avec un ballon, un haut-de-forme, une greluche à paillettes, un jeu de cartes, trois foulards, une scie égoïne pas affutée et un lapin albinos.
Bon, évidemment y a un truc (toujours). Mais ça se voit pas, c'est vraiment spectaculaire, vous savez pas ce que vous perdez.
2)Je ne perds jamais une partie de Monopoly à partir du moment où j'ai les 4 gares. J'appelle ça le théorème « depuis quatre gares ». Ce bâtard de Deep Blue peut toujours venir.
Dans sa version faible ; ça peut aussi passer avec trois gares. J'appelle ça le coup de 3-4 gares. Achetez quand même la case départ, on sait jamais.
3)Je prends souvent le train et m'y emmerde toujours profondément.
Comme dans le métro, le but du jeu est de ne jamais croiser un regard. Les rares tentatives de triche signalent immédiatement un plouc, un truand ou un débile.
Dans ces cas-là, ni une ni deux j'enleve mes lunettes. Ca m'avait bien aidé jadis à vaincre le trac, quand j'avais du tenir le grand rôle dans une fête de Noël à la communale.
Sans craindre d'être fusillé en retour, je peux aisément tancer du regard dans la direction d'un importun, mater aux alentours des jolies voisines, admirer les couleurs du Paris match de mon voisin...Et je dois surtout surveiller dix-huit valises de la même couleur que la mienne.
...
(Pour de vrai ça aide surtout à dormir...zzz).
...
Lunettes remises, il semble que mon regard de sphinx inquisiteur poursuivra toute sa vie le maladroit qui avait redécoré les WC. D'ailleurs Paris Match était un Entrevue. Mine de rien, dans certains wagons, on me craint.
4)Une amie a moi a pour prénom une marque de produits périodiques féminins. On songera aussi à une pièce de Tchekov (c'est un prénom mixte). Pourquoi pas pelle-à-tarte tant qu'on y est ?
C'est ennuyeux quand il faut en passer par une standardiste excédée (et probablement moustachue) dans le brouhaha standardique habituel. Le prénom est en général suivi d'un instant de stupeur. Au moment de repéter, la moindre hésitation, et aussitôt la gargouille téléphonique suppute un canular. Et en profite pour raccrocher. A l'instar d'un rachmaninov
dans ses billets, je ne suis pas loin de conchier cette profession !
5)(Là je l'ai peut être déjà dit sur le forum ?) J'ai été parmi les derniers locataires légaux du célèbrissime Squat des 1000 de Cachan. Dans la chambre dite « Chambre de l'empereur », car Napoléon...hihi.
Fort de ce petit vécu, j'ai pu observer dans un fauteuil le beau métier des journalistes. Et ce, sans avoir eu à me farcir un pavé constitutionnel européen à la con, comme l'ordinaire des cuistres de machine à café, héhé.
Bon je vais faire comme si cette chaîne n'était ni ridicule ni moribonde, que dites vous almendralejo
, italoharissa
, nikotine
, arbo
, murmeltier
, et tous les autres ?
1)Je connais un tour de magie réalisable avec un ballon, un haut-de-forme, une greluche à paillettes, un jeu de cartes, trois foulards, une scie égoïne pas affutée et un lapin albinos.
Bon, évidemment y a un truc (toujours). Mais ça se voit pas, c'est vraiment spectaculaire, vous savez pas ce que vous perdez.
2)Je ne perds jamais une partie de Monopoly à partir du moment où j'ai les 4 gares. J'appelle ça le théorème « depuis quatre gares ». Ce bâtard de Deep Blue peut toujours venir.
Dans sa version faible ; ça peut aussi passer avec trois gares. J'appelle ça le coup de 3-4 gares. Achetez quand même la case départ, on sait jamais.
3)Je prends souvent le train et m'y emmerde toujours profondément.
Comme dans le métro, le but du jeu est de ne jamais croiser un regard. Les rares tentatives de triche signalent immédiatement un plouc, un truand ou un débile.
Dans ces cas-là, ni une ni deux j'enleve mes lunettes. Ca m'avait bien aidé jadis à vaincre le trac, quand j'avais du tenir le grand rôle dans une fête de Noël à la communale.
Sans craindre d'être fusillé en retour, je peux aisément tancer du regard dans la direction d'un importun, mater aux alentours des jolies voisines, admirer les couleurs du Paris match de mon voisin...Et je dois surtout surveiller dix-huit valises de la même couleur que la mienne.
...
(Pour de vrai ça aide surtout à dormir...zzz).
...
Lunettes remises, il semble que mon regard de sphinx inquisiteur poursuivra toute sa vie le maladroit qui avait redécoré les WC. D'ailleurs Paris Match était un Entrevue. Mine de rien, dans certains wagons, on me craint.
4)Une amie a moi a pour prénom une marque de produits périodiques féminins. On songera aussi à une pièce de Tchekov (c'est un prénom mixte). Pourquoi pas pelle-à-tarte tant qu'on y est ?
C'est ennuyeux quand il faut en passer par une standardiste excédée (et probablement moustachue) dans le brouhaha standardique habituel. Le prénom est en général suivi d'un instant de stupeur. Au moment de repéter, la moindre hésitation, et aussitôt la gargouille téléphonique suppute un canular. Et en profite pour raccrocher. A l'instar d'un rachmaninov
5)(Là je l'ai peut être déjà dit sur le forum ?) J'ai été parmi les derniers locataires légaux du célèbrissime Squat des 1000 de Cachan. Dans la chambre dite « Chambre de l'empereur », car Napoléon...hihi.
Fort de ce petit vécu, j'ai pu observer dans un fauteuil le beau métier des journalistes. Et ce, sans avoir eu à me farcir un pavé constitutionnel européen à la con, comme l'ordinaire des cuistres de machine à café, héhé.
Bon je vais faire comme si cette chaîne n'était ni ridicule ni moribonde, que dites vous almendralejo
12.01.07 à 21h07 |
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Jeudi 23 février 2006
Il ya quelques années, juste avant que je ne fracasse ma dernière télé contre le mur (un dimanche sur TF1, vers 11h30) il m'arrivait de tomber sur l'émission 30 millions d'amis. A part Thierry Roland sur Téléfoot, c'était l'un des seules (la seule ?) émissions de la télévision française à avoir une mascotte, Junior (successeur de Mabrouk). Le générique, très facile à retenir, finissait avec les deux toutous dans leur exercice favori, le saut d'obstacle hippique. Après ces images époustouflantes, l'émission ronronnait généralement avec des reportages sur quelques paisibles mémés amies des animaux. Enfin, l'émission se terminait avec des images de petits prisonniers des refuges SPA, à adopter d'urgence. De quoi tirer des larmes à n'importe quel trafiquant de fourrures !
Je parie un chat empaillé que l'émission n'a pas changé d'un poil.
Loin de moi l'idée de me moquer des ami(e)s des animaux. Leur tendresse a mille fois autant sa place à la télé que les sentiments frelatés de Barbie pour Ken dans les Feux de l'Amour (vous connaissez aussi ?). D'ailleurs, il m'est arrivé...vous le repétez pas, si ça sort de la Stub je saurais que c'est vous...d'ailleurs, il m'est arrivé moi-même d'étudier avec un intérêt, non dénué d'émotions, les comportements de jeux chez un chat prépubère. En gros, mon minet qui joue avec un bouchon. Donc, rien de ridicule dans 30 millions d'amis. Quoique, il me revient vaguement, comme d'un vieux cauchemar, des images d'enterrements de chiens célébrés par des curés, mais, hum, passons.
Par contre, j'aimerai qu'on m'explique par quel cheminement les ami(e)s des animaux font la distinction entre les bestioles fréquentables (chien, chat, poisson, oiseaux..) et les autres. Car, qu'on ne me raconte pas d'âneries, "30 millions", ça fait seulement référence aux chienchiens et minets de France, pas aux bactéries qui vivent sur le bouton de votre souris, ou les cafards dans votre immeuble. Il est vrai que, peut-être, ces bêbêtes-là offent leur amitié à n'importe qui. Mais pourquoi des animaux complexes et doués de sens comme, par exemple, les araignées ou les scorpions, ne feraient pas des amis sincères ? Et les animaux de ferme ? Rien que le cheptel de porc français représente 30 millions de coeurs solitaires !
On m'objecte l'intelligence ? Considérez un instant une toile d'araignée (oui, celle-là, sur la poignée de l'aspirateur, ça ira très bien). Maintenant, jetez une pelote de laine à un chat. Alors, qui est le plus con ?

Merveille du camouflage : la rastacouère des bois
Bien, bien..sur ce, je vous laisse, mon petit Philodendron angustisectum a besoin de beaucoup de sommeil.
Je parie un chat empaillé que l'émission n'a pas changé d'un poil.
Loin de moi l'idée de me moquer des ami(e)s des animaux. Leur tendresse a mille fois autant sa place à la télé que les sentiments frelatés de Barbie pour Ken dans les Feux de l'Amour (vous connaissez aussi ?). D'ailleurs, il m'est arrivé...vous le repétez pas, si ça sort de la Stub je saurais que c'est vous...d'ailleurs, il m'est arrivé moi-même d'étudier avec un intérêt, non dénué d'émotions, les comportements de jeux chez un chat prépubère. En gros, mon minet qui joue avec un bouchon. Donc, rien de ridicule dans 30 millions d'amis. Quoique, il me revient vaguement, comme d'un vieux cauchemar, des images d'enterrements de chiens célébrés par des curés, mais, hum, passons.
Par contre, j'aimerai qu'on m'explique par quel cheminement les ami(e)s des animaux font la distinction entre les bestioles fréquentables (chien, chat, poisson, oiseaux..) et les autres. Car, qu'on ne me raconte pas d'âneries, "30 millions", ça fait seulement référence aux chienchiens et minets de France, pas aux bactéries qui vivent sur le bouton de votre souris, ou les cafards dans votre immeuble. Il est vrai que, peut-être, ces bêbêtes-là offent leur amitié à n'importe qui. Mais pourquoi des animaux complexes et doués de sens comme, par exemple, les araignées ou les scorpions, ne feraient pas des amis sincères ? Et les animaux de ferme ? Rien que le cheptel de porc français représente 30 millions de coeurs solitaires !
On m'objecte l'intelligence ? Considérez un instant une toile d'araignée (oui, celle-là, sur la poignée de l'aspirateur, ça ira très bien). Maintenant, jetez une pelote de laine à un chat. Alors, qui est le plus con ?
Merveille du camouflage : la rastacouère des bois
Bien, bien..sur ce, je vous laisse, mon petit Philodendron angustisectum a besoin de beaucoup de sommeil.
23.02.06 à 03h12 |
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N'est elle pas désespérante, la naïveté de celui qui veux faire le "tour du monde" ? Ou même celle du modeste qui se contentera de "faire" tel pays, les bagages lourds de ses fidèles préjugés ? Et puis vite s'il vous plaît ! Là, on se fiera aux plus avertis pour planifier le Blitz : par ici, deux semaines suffiront ; par là, une ruine, la chaleur inoubliable des autochtones vous retiendront bien une semaine de plus.
Et puis on revient vite, convaincu d'avoir tout vu et tout senti. Bon sang, on les entends d'avance, les souvenirs de ces Stendhal ou du Bellay de gouttière. Ils tiennent en une carte postale (pas belle, d'ailleurs). Bouffe. Pognon (le leur). Les pauvres / riches...il paraît qu'il y en a aussi au bout de la ligne de bus, mais c'était bien trop près. Pasque l'étranger, ça en fait des souvenirs ! Car il faut absolument - l'auditoire l'exigera, en général - se répandre en détails sur ses demies-émotions, ses considérations ethnologiques, ses fulgurances géopolitiques...peut importe à vrai dire, la quantité suffit. L'exotisme fait le prix. Même si c'est du vite-fait mal-fait, on le goutera autant que les témoignages des vraispas-de-chez-nous étrangers, qui ont, eux, le mérite d'être authentiques, et d'être dit avec un accent mignon. Mais c'est qu'il FAUT avoir une opinion, tout comme dans les cinq minutes qui suivent un film, d'ailleurs - n'importe quel film !
Premièrement, la cuisine : Certes, l'Homme est omnivore. A priori, on peut donc survivre à une platrée de riz un peu louche ou à un piment tropical. Mais rien n'empêche de s'en plaindre...Prenant en pleine gueule la gifle de l'altérité, le tour-du-mondiste se pose alors cette grave question : comment le reste de l'humanité peut-il survivre sans un steack-frites quotidien ?
Deuxièmement, comment j'ai dépensé mon argent : Il faut absolument raconter l'extrême pingrerie des autochtones, leur invraisembable goût pour le marchandage - sur le ton de la confidence, de globe-trotter à citoyen du monde. Manière de dire que, oui, évidemment, on avait de quoi voir venir, mais qu'on ne s'en est pas laissé compter. Il est très utile, dans ce contexte, d'exhiber un machin souvenir. Indiquer le prix, d'un air dégagé -qu'on convertira à voix haute, mais très rapidement : Voyageur1 "300 fifrelins à 0.187 euros, ça fait .. " Voyageur2, condescendant "voui, à peu près...". Lorsque tout le monde est d'accord, débattre du prix, sur l'air d' "On refait le match". Qu'est-ce qu'on rit ! On en vient alors, à la faveur d'une petite pause digestive générale, au...
...troisièmement, les étrangers sont riches/pauvres ! : croyez le ou pas, la France est le seul pays au monde à avoir le PIB de la France. Une inépuisable source d'étonnement, pour celui ou celle qui évoluait jusqu'alors dans un monde rempli de foie gras et de cartes 12/25 - de grands luxes et minuscules misères.
Eh, ça va sans dire, l'intérêt de tout ça augmente avec la distance. On ne va pas faire la soirée avec la fabrication du roquefort chez les bouseux. D'ailleurs, on n'imagine pas qu'une culture épatante ait pu pousser devant sa porte ! Ca se saurait, voyons. Quoique, en même temps, l'Albanie ou le Daghestan, même si c'est loin...y a des noms qui inspirent moins, quand même. Par contre, prendre un thé à la menthe à la mosquée de Paris en hiver, c'est comme boire une Kronenbourg au bord du Bosphore : le pied. A faire de toute urgence.

Paysage d'Albanie
Bon ben voilà, ça me révulse, de toutes les fibres de mon corps de pecno qui est né quelque part. Comme le dit en substance un fameux proverbe bantou que j'ai oublié, il faut passer mille fois sous le même arbre pour trouver la morille de la journée. Et puis, il faut à coup sûr vivre plus que 24 ans dans un pays pour arriver à prédire une élection. Et combien plus pour arriver à déminer et comprendre un supporter de l'OM ? Alors qu'est ce que j'irai foutre ailleurs ?
Zottel, qui n'est absolument JAMAIS parti en vacances, qui ne quitte JAMAIS, JAMAIS l'Alsace et qui adore le piment.
Et puis on revient vite, convaincu d'avoir tout vu et tout senti. Bon sang, on les entends d'avance, les souvenirs de ces Stendhal ou du Bellay de gouttière. Ils tiennent en une carte postale (pas belle, d'ailleurs). Bouffe. Pognon (le leur). Les pauvres / riches...il paraît qu'il y en a aussi au bout de la ligne de bus, mais c'était bien trop près. Pasque l'étranger, ça en fait des souvenirs ! Car il faut absolument - l'auditoire l'exigera, en général - se répandre en détails sur ses demies-émotions, ses considérations ethnologiques, ses fulgurances géopolitiques...peut importe à vrai dire, la quantité suffit. L'exotisme fait le prix. Même si c'est du vite-fait mal-fait, on le goutera autant que les témoignages des vrais
Premièrement, la cuisine : Certes, l'Homme est omnivore. A priori, on peut donc survivre à une platrée de riz un peu louche ou à un piment tropical. Mais rien n'empêche de s'en plaindre...Prenant en pleine gueule la gifle de l'altérité, le tour-du-mondiste se pose alors cette grave question : comment le reste de l'humanité peut-il survivre sans un steack-frites quotidien ?
Deuxièmement, comment j'ai dépensé mon argent : Il faut absolument raconter l'extrême pingrerie des autochtones, leur invraisembable goût pour le marchandage - sur le ton de la confidence, de globe-trotter à citoyen du monde. Manière de dire que, oui, évidemment, on avait de quoi voir venir, mais qu'on ne s'en est pas laissé compter. Il est très utile, dans ce contexte, d'exhiber un machin souvenir. Indiquer le prix, d'un air dégagé -qu'on convertira à voix haute, mais très rapidement : Voyageur1 "300 fifrelins à 0.187 euros, ça fait .. " Voyageur2, condescendant "voui, à peu près...". Lorsque tout le monde est d'accord, débattre du prix, sur l'air d' "On refait le match". Qu'est-ce qu'on rit ! On en vient alors, à la faveur d'une petite pause digestive générale, au...
...troisièmement, les étrangers sont riches/pauvres ! : croyez le ou pas, la France est le seul pays au monde à avoir le PIB de la France. Une inépuisable source d'étonnement, pour celui ou celle qui évoluait jusqu'alors dans un monde rempli de foie gras et de cartes 12/25 - de grands luxes et minuscules misères.
Eh, ça va sans dire, l'intérêt de tout ça augmente avec la distance. On ne va pas faire la soirée avec la fabrication du roquefort chez les bouseux. D'ailleurs, on n'imagine pas qu'une culture épatante ait pu pousser devant sa porte ! Ca se saurait, voyons. Quoique, en même temps, l'Albanie ou le Daghestan, même si c'est loin...y a des noms qui inspirent moins, quand même. Par contre, prendre un thé à la menthe à la mosquée de Paris en hiver, c'est comme boire une Kronenbourg au bord du Bosphore : le pied. A faire de toute urgence.
Paysage d'Albanie
Bon ben voilà, ça me révulse, de toutes les fibres de mon corps de pecno qui est né quelque part. Comme le dit en substance un fameux proverbe bantou que j'ai oublié, il faut passer mille fois sous le même arbre pour trouver la morille de la journée. Et puis, il faut à coup sûr vivre plus que 24 ans dans un pays pour arriver à prédire une élection. Et combien plus pour arriver à déminer et comprendre un supporter de l'OM ? Alors qu'est ce que j'irai foutre ailleurs ?
Zottel, qui n'est absolument JAMAIS parti en vacances, qui ne quitte JAMAIS, JAMAIS l'Alsace et qui adore le piment.
23.02.06 à 00h31 |
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Lundi 06 février 2006
Avis aux caricaturistes danois : dans ma famille, la période de Noël ne se prête pas trop à l'humour sacrilège.
Par exemple, la composition de la crêche était un sujet sérieux.
Comme les Legos, d'ailleurs.
Nous étions bien embarassés avec l'âne : bien avant que je ne m'eveillât à l'importance du rite, il lui était arrivé un terrible accident qui l'avait laissé mutilé d'une patte. Ma mère consacrait une partie de l'Avent à caler notre âne tripode entre le mur et le "petit" Jésus (notre spécimen était particulièrement dodu : ramené à la taille du boeuf, je dirais 300-400 kg. Le portrait de Son Papa ? En tout cas, on comprends où passait le pognon des Rois Mages). Pour la distraire un peu entre deux fournées de bredalas, mon frère ou moi aidions parfois l'infirme à tomber. Et pourtant, eu égard à son rôle majeur dans l'Evangile (faites souffler une truite à la place, et c'est la pneumonie !) , elle ne nous permit jamais de l'équiper d'une prothèse. Eh oui, une jambe de bois d'allumette aurait fait désordre dans tout ce sacré.
Tout comme le Jésus aux hormones, ses rois mages étaient un peu hétéroclites. Sauf.. si on les rangeaient par taille décroissante, avec Averell au premier plan. En vue rasante, et en voulant y croire, on avait une impression de perspective. A défaut de foi, l'imagination enfantine y suppléait avantageusement...
En plus de tourmenter son âne, nous allions parfois jusqu'à poser à ma mère d'épineux problèmes théologiques. D'après le Canon maternel, la laisse du chameau qui suivait Melchior (ou un autre) devait être relachée. Mon frère et moi penchions plutôt pour l'hypothèse suivante : après des centaines de kilomètres à suivre trois illuminés, un chameau est de mauvaise humeur. Surtout à minuit passé. Dieu ou pas (comme dirait l'autre)! Nous étions donc partisans d'une laisse tendue. Les Evangélistes ne nous aidaient pas vraiment à trancher... A force de va-et-vient laisse tendue/laisse relâchée, notre santon a sûrement fait autant de kilomètres que le vrai (bon, nan... mais presque).

Et les moutons ? me direz vous. Sans doute pas les santons les plus importants, mais les plus nombreux. D'ailleurs à l'école, nous avons tous été berger dans une crêche vivante, non ? si ! (sauf les moins éveillés, qui faisait mouton. D'autres encore faisaient Joseph/Marie/Roi mage - les sales petites ordures) Eh bien le santon du berger est explicite : en position de marche, ployant sous le poids de l'agneau sur ses épaules... on comprends qu'il vient d'arriver. Mais ma mère s'acharnait à placer les moutons, non pas en troupeau, mais éparpillé autour de la crêche. Etait-ce pour de sombres raisons de symétrie du buffet ? Etait-ce à dire qu'ils s'étaient dépêchés pour être sur la photo ? Avaient-ils flairé le coup et devancé les bergers, voire la fameuse étoile ? D'ailleurs, dans ce cas, combien d'heures séparaient leurs arrivées ? Je me souviens par exemple qu'un spécimen à la piété douteuse était affalé sur le côté, la panse gonflée de gras ray-grass de Judée...
Depuis un ou deux ans, les passions se sont apaisées. Ma mère a acheté une de ces crêches toutes faites, riquiqui, d'un seul tenant. Je suis désolé, c'est pas ressemblant. On s'attends à tout moment à en voir sortir un coucou. C'est bien simple, je la hait (pas ma mère, la crêche). A moins... qu'elle ne tombe par terre..
Par exemple, la composition de la crêche était un sujet sérieux.
Comme les Legos, d'ailleurs.
Nous étions bien embarassés avec l'âne : bien avant que je ne m'eveillât à l'importance du rite, il lui était arrivé un terrible accident qui l'avait laissé mutilé d'une patte. Ma mère consacrait une partie de l'Avent à caler notre âne tripode entre le mur et le "petit" Jésus (notre spécimen était particulièrement dodu : ramené à la taille du boeuf, je dirais 300-400 kg. Le portrait de Son Papa ? En tout cas, on comprends où passait le pognon des Rois Mages). Pour la distraire un peu entre deux fournées de bredalas, mon frère ou moi aidions parfois l'infirme à tomber. Et pourtant, eu égard à son rôle majeur dans l'Evangile (faites souffler une truite à la place, et c'est la pneumonie !) , elle ne nous permit jamais de l'équiper d'une prothèse. Eh oui, une jambe de bois d'allumette aurait fait désordre dans tout ce sacré.
Tout comme le Jésus aux hormones, ses rois mages étaient un peu hétéroclites. Sauf.. si on les rangeaient par taille décroissante, avec Averell au premier plan. En vue rasante, et en voulant y croire, on avait une impression de perspective. A défaut de foi, l'imagination enfantine y suppléait avantageusement...
En plus de tourmenter son âne, nous allions parfois jusqu'à poser à ma mère d'épineux problèmes théologiques. D'après le Canon maternel, la laisse du chameau qui suivait Melchior (ou un autre) devait être relachée. Mon frère et moi penchions plutôt pour l'hypothèse suivante : après des centaines de kilomètres à suivre trois illuminés, un chameau est de mauvaise humeur. Surtout à minuit passé. Dieu ou pas (comme dirait l'autre)! Nous étions donc partisans d'une laisse tendue. Les Evangélistes ne nous aidaient pas vraiment à trancher... A force de va-et-vient laisse tendue/laisse relâchée, notre santon a sûrement fait autant de kilomètres que le vrai (bon, nan... mais presque).

Et les moutons ? me direz vous. Sans doute pas les santons les plus importants, mais les plus nombreux. D'ailleurs à l'école, nous avons tous été berger dans une crêche vivante, non ? si ! (sauf les moins éveillés, qui faisait mouton. D'autres encore faisaient Joseph/Marie/Roi mage - les sales petites ordures) Eh bien le santon du berger est explicite : en position de marche, ployant sous le poids de l'agneau sur ses épaules... on comprends qu'il vient d'arriver. Mais ma mère s'acharnait à placer les moutons, non pas en troupeau, mais éparpillé autour de la crêche. Etait-ce pour de sombres raisons de symétrie du buffet ? Etait-ce à dire qu'ils s'étaient dépêchés pour être sur la photo ? Avaient-ils flairé le coup et devancé les bergers, voire la fameuse étoile ? D'ailleurs, dans ce cas, combien d'heures séparaient leurs arrivées ? Je me souviens par exemple qu'un spécimen à la piété douteuse était affalé sur le côté, la panse gonflée de gras ray-grass de Judée...
Depuis un ou deux ans, les passions se sont apaisées. Ma mère a acheté une de ces crêches toutes faites, riquiqui, d'un seul tenant. Je suis désolé, c'est pas ressemblant. On s'attends à tout moment à en voir sortir un coucou. C'est bien simple, je la hait (pas ma mère, la crêche). A moins... qu'elle ne tombe par terre..
06.02.06 à 02h32 |
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